Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 09:20
Vendredi 1 Juin 2012 - Francis Daspe

 

Au-delà des rituelles déclarations de (bonnes) intentions, peu de propositions réellement novatrices sur l’éducation ont émergé à l’occasion de la campagne de la présidentielle. La situation est paradoxale alors même que les enquêtes d’opinion placent l’éducation au premier rang des préoccupations des Français et que le nouveau gouvernement entend engager la refondation républicaine de l’école. La nécessité est pourtant grande de faire preuve d’audace et de courage pour en finir avec un quinquennat d’airain. Sans être paralysé par la crainte de cliver, des paradigmes faisant jusqu’alors consensus doivent être remis en cause. C’est le cas de celui d’égalité des chances.

Son essence est fondamentalement libérale, bien que se prévalant indûment d’oripeaux progressistes. Il stipule que tous les élèves pourraient se retrouver à égalité sur la ligne de départ de la grande compétition scolaire. La puissance publique aurait la seule responsabilité d’en créer les conditions pour s’en rapprocher. Cette création ex nihilo permet sans coup férir d’imposer pour la suite à tous les étages la concurrence (libre et non faussée…) comme mode d’organisation du système éducatif.

Cette vision procède d’un angélisme pour le moins déconcertant. Elle justifie le désengagement croissant de la puissance publique dans le domaine de la lutte contre les inégalités. Elle vise à faire culpabiliser les acteurs du système éducatif, élèves et familles renvoyés à leur seule responsabilité de leur éventuel échec, enseignants accusés de n’avoir pas été capables de trouver les bonnes stratégies de remédiation. Elle traduit l’enfermement dans des solutions individuelles, sanctionnant de fait le renoncement à toute ambition collective constitutive de l’école de la République.

À droite et à l’extrême droite, l’égalité des chances est récupérée pour promouvoir une école individualiste à plusieurs vitesses dans laquelle le chèque éducation permettrait à chacun de faire ses courses dans un grand marché. Une partie de la gauche s’y est ralliée en la présentant comme un vernis d’honorabilité d’une ambition sociale maintenue. Tous alors se gargarisent de la réussite de quelques-uns pour au final justifier l’abandon des autres à leur triste sort parce que jugés insuffisamment méritants. C’est à la fois un contresens idéologique et un renoncement politique. Car les outils pour l’instituer sont bien connus : assouplissement ou abandon de la carte scolaire, autonomie des établissements, fragmentation des savoirs dans le cadre d’un socle commun minimaliste et utilitariste renforçant leur marchandisation. 
Il convient d’en finir avec cette imposture libérale de la supposée égalité des chances. La seule égalité qui nous importe est celle que l’on constate à l’arrivée, pas un ersatz d’égalité proclamée sur la ligne de départ qui, en fait, ne vise qu’à faire oublier que nous nous trouvons dans une société de classes. Les rangs de la gauche sont ceux d’un humanisme radical qui croit en la perfectibilité constante de l’être humain, considérant que tous les enfants sont capables d’apprendre pour peu qu’on s’en donne les moyens.

À l’instar de la laïcité, l’égalité n’a nul besoin de substantifs et encore moins d’adjectifs pour faire pleinement sens. Bien au contraire, ce subterfuge conduit à la dénaturer en la détournant de ses valeurs initiales. Nous récusons le paradigme de l’égalité des chances, le situant aux antipodes d’un véritable projet de justice et de transformation sociales. Cette inflexion exigeante que nous entendons appliquer à l’école de la République représente sans aucun doute une véritable révolution copernicienne. C’est aussi la condition pour que l’étendard de l’égalité ne soit pas abandonné.

Francis Daspe, président de la commission nationale éducation du Parti de Gauche, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.

Par Parti de Gauche Villeurbanne - Publié dans : Education - Communauté : FRONT DE GAUCHE
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Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 06:44

 

 

DANS "L'HUMANITE" :

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a imposé une retouche au comité de campagne du Front de gauche, sous peine de ne pas laisser passer du tout le clip dans les spots de la campagne officielle des législatives à la télévisions.

La représentation de Carla Bruni-Sarkozy porte atteinte à la dignité d'une personne, et le "j'me casse, pôv'cons" de Nicolas Sarkozy est un non respect à la fonction présidentielle, selon le CSA.

En revanche, le Front de gauche a obtenu de pouvoir conserver son dragon à deux têtes Merkozy.

Par Parti de Gauche Villeurbanne - Publié dans : Législatives 2012 - Communauté : FRONT DE GAUCHE
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 07:23

Une vidéo de campagne très pédagogique de RENE REVOL, candidat du PG-FDG aux législatives à Montpellier (2e circ. de l'Hérault) :

 

 

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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 07:25

UN ARTICLE INTERESSANT, DANS "LE MONDE", par des auteurs qui veulent attirer l'attention sur la France "invisible" et périphérique, celle des petites villes et des zones rurales, qui se sent fragilisée et mal protégée :

 

LE MONDE | 29.05.2012

Par Serge Guérin, sociologue, professeur à l'ESG-MS, Christophe Guilluy,géographe, directeur du bureau d'études MAPS

 

Les résultats de la présidentielle font ressortir une fracture géographique et sociale très marquée entre la "France des métropoles" et la France périphérique, celle des espaces périurbains, ruraux, des villes moyennes et petites.

Cette France située à l'écart des grandes métropoles mondialisées est celle des fragilités sociales. Si la pauvreté s'y incruste, elle se caractérise d'abord par une forme de "mal-santé sociale" où la précarité et surtout l'absence de perspective sont souvent la norme. Le succès de François Hollande, élu en grande partie grâce à l'antisarkozysme des catégories populaires, peut conduire rapidement les élites politiques de la gauche et des écologistes à oublier la leçon : les catégories populaires en situation de fragilisation sont en augmentation constante et se sentent toujours plus dépréciées socialement et culturellement.

Car c'est la "France d'après" qui vient de surgir de l'élection. Une France où les fractures géographiques, sociales et culturelles tendent à effacer peu à peu les représentations traditionnelles. Une France qui ne se structurera pas sur la sociologie ou le système politique d'hier. Ce qui est en jeu, c'est l'émergence de nouvelles classes populaires majoritaires fragilisées par la mondialisation sur les lignes de fracture d'une nouvelle géographie sociale. Le diagnostic est d'autant plus complexe que cette nouvelle question sociale se double aujourd'hui d'une question identitaire d'autant plus sensible qu'elle "travaille" prioritairement l'ensemble des classes populaires et singulièrement les jeunesses populaires, quelles que soient leurs origines.

Or, la situation de ces populations risque de s'aggraver encore dans les mois et les années qui viennent. Pire : la tendance est à l'élargissement du nombre de personnes concernées. Avec la hausse des prix de l'habitat et la baisse du pouvoir d'achat d'une part croissante de la population (travailleurs pauvres, salariés à temps partiel contraint, retraités précarisés...), le nombre de personnes qui viennent trouver refuge à l'écart des grands centres urbains se renforce toujours plus.

L'étalement urbain va se poursuivre, mais aussi la relocalisation en dehors des métropoles les plus actives d'une majorité des classes populaires, actives et retraitées. Aujourd'hui, on peut estimer que 60 % de la population vit en dehors des métropoles centrales. Cela signifie que la France des fragilités sociales est d'abord celle des espaces périurbains, ruraux, industriels, des villes moyennes et petites.

Cette dynamique de dispersion, qui va souvent de pair avec une moindre densité et efficacité des services publics, de la couverture médicale, de la qualité de l'offre de loisirs et de culture, souligne de nouveaux enjeux. Dans cette France périphérique, qui cumule éloignement des services publics et de l'emploi avec hausse des coûts et des temps de transport, la présence de l'Etat doit être repensée en fonction de la fragilité sociale de ces habitants. Alors que la France vient de voter pour l'alternance sereine, oublier ces réalités, c'est prendre le risque d'un réveil très rude aux prochaines échéances électorales. C'est prendre le risque de laisser se renforcer une fracture géographique qui est aussi sociale et culturelle.

Pour éviter une situation de véritable apartheid géographique et social, il est de la responsabilité des pouvoirs publics d'agir. C'est au plan des territoires que peuvent se déployer les services publics et les solidarités à travers la prise en compte de la spécificité des besoins des populations. D'une part, il s'agit de freiner l'étalement urbain, coûteux à vivre au quotidien, destructeur de l'écosystème et nécessitant un recours prioritaire à la voiture, par une politique de densification de l'habitat. D'autre part, il est vital de renforcer la présence des services publics non par une multiplicité des guichets que l'Etat et les collectivités ne sont plus capables d'assumer mais par la concentration des services dans des lieux centraux et identifiés.

Si, dans les métropoles et les villes moyennes, les transports en commun doivent continuer d'être la priorité pour réduire l'utilisation et l'encombrement des voitures, et favoriser ainsi une écologie sociale protégeant la planète comme le pouvoir d'achat, dans les zones rurales et périurbaines, il importe de favoriser la diversité et la continuité de l'offre : transports en commun, voitures disponibles à partir des points de regroupement, organisation du covoiturage, mise à disposition de vélos et de voies réservées, minibus à la demande... Ces derniers étant par ailleurs d'accès prioritaire pour les personnes à mobilité réduite.

Mais redonner confiance aux populations vivant dans les zones rurales, périurbaines, les petites villes passe par l'innovation sociale de proximité. Cela implique que l'Etat et les collectivités territoriales soutiennent les initiatives des associations, des entreprises sociales et solidaires et des bailleurs sociaux qui dynamisent les territoires. L'innovation sociale, c'est aussi bien de favoriser l'accès à la compétence numérique des populations que d'organiser du soutien scolaire ou encore la diffusion et la pratique culturelle. Mais c'est aussi de faciliter l'habitat partagé, d'accompagner l'autoconstruction de logements, de soutenir l'organisation du recyclage ou l'échange non monétaire de biens et de services.

Cette économie de la proximité favorisant les emplois dans les bassins de vie et réduisant les durées de déplacement peut, certes, entraîner des hausses de charges. Mais elles seront en grande partie compensées par des réductions de coûts, en particulier de transport, et par l'amélioration de la qualité et de la durabilité des produits.

La perte de confiance dans les institutions, dans le progrès social et dans l'avenir de la France périphérique ne pourra être jugulée par quelques formules creuses, moralisatrices et incantatoires. Il ne s'agit pas de fustiger le racisme et de communiquer sur de bons sentiments pour inverser la tendance. Mais il faut agir sur les territoires et donner sa chance à l'innovation sociale. Maintenant.

Serge Guérin, sociologue, professeur à l'ESG-MS, Christophe Guilluy,géographe, directeur du bureau d'études MAPS

Par Parti de Gauche Villeurbanne - Publié dans : Ville et sécurité - Communauté : La Gauche
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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 17:24

MERCREDI 30 MAI : J-L Mélenchon face à J-J Bourdin :

 

 

Par Parti de Gauche Villeurbanne - Publié dans : Législatives 2012 - Communauté : FRONT DE GAUCHE
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