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Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !

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Retraites : ce que dit vraiment le rapport du COR

Pour nous vacciner contre la campagne d'affolement et de manipulation du gouvernement, du patronat et des médias dominants, voici un extrait d'article du très sérieux mensuel Alternatives économiques (numéro d'avril 2010), qui résume les principales conclusions du Conseil d'orientation des retraites - qui ne sont pas aussi alarmistes que ce qu'on en dit :

 

"(...) Notre système de retraite serait au bord du gouffre, menacé d'effondrement immédiat. Cela reflète probablement les fantasmes de nombreux journalistes sur la question ; dramatiser permet aussi de vendre plus de papier ou de faire davantage d'audience ; cela correspond enfin aux intérêts de ceux qui veulent faire avaler au bon peuple des coupes drastiques dans les systèmes sociaux, mais en tout cas cette dramatisation n'a rien à voir avec ce qui ressort d'une lecture précise et attentive du rapport du COR. Que dit-il en effet ? Deux choses.

 

Tout d'abord, la crise a sérieusement dégradé à court terme, de l'ordre de 20 milliards d'euros, soit un point de produit intérieur brut (PIB), l'équilibre des systèmes de retraite. A vrai dire, ce n'est pas une surprise et c'est même une excellente nouvelle : on attend en effet des systèmes de protection sociale qu'ils jouent un rôle de « stabilisateur automatique » en période de crise ! Comme leurs dépenses restent stables alors que leurs recettes, indexées sur l'activité, plongent, le déficit qui se creuse automatiquement soutient l'activité et contribue grandement à éviter un enchaînement dépressif fatal. C'est évidemment un problème à terme, mais il faut chercher à le régler avec prudence, car une hausse brutale des prélèvements à court terme ou une baisse significative des dépenses pourraient casser la fragile reprise qui s'amorce tout juste.

 

Ce que dit ensuite le rapport du COR c'est que, sauf mesures nouvelles, ce déficit supplémentaire dû à la crise ne se résorbera que très lentement et viendra s'ajouter à celui que le COR avait déjà prévu précédemment. Alors qu'en 2007, le Conseil prévoyait un déficit de 1 % du PIB en 2020, celui-ci serait désormais compris entre 1,7 % et 2,1 % du PIB, selon les trois scénarios plus ou moins optimistes retenus pour la croissance d'ici là. De même, en 2030, on passerait de 1,6 % du PIB de déficit prévu antérieurement à une fourchette de 1,9 à 2,9 % du PIB. Ces déficits sont importants mais, en même temps, il faut raison garder : les cotisations retraites pèsent actuellement 13 % du PIB, et les scénarios du COR sont fondés sur une stricte stabilité de ce pourcentage à l'avenir. Couvrir deux points de PIB de déficit, cela consiste à augmenter les recettes de 15 % d'ici 2020. C'est important, mais ce n'est pas non plus la mer à boire…

 

Jusqu'ici un tabou avait prévalu dans les débats autour des réformes des retraites : malgré l'allongement de la durée de la vie et l'arrivée à l'âge de la retraite de générations nombreuses, il n'était pas question d'augmenter les cotisations. Il fallait jouer uniquement sur les autres paramètres : âge de départ, durée de cotisation, montant des retraites.

 

Ce que montre simplement le rapport du COR, c'est que ce tabou − qui était déjà stupide avant la crise − n'est tout simplement plus tenable après, sauf à risquer de faire exploser le système. Il ne faut pas faire de démagogie à ce sujet : on peut certes envisager d'élargir l'assiette des cotisations en y incluant les revenus financiers, mais au niveau de recettes dont on parle, il faudra bien aussi augmenter les cotisations salariales et patronales. En écartant a priori toute hausse des cotisations du champ des discussions qui se sont ouvertes cette semaine, le gouvernement s'interdit donc de résoudre durablement la question du déficit des retraites, contrairement à ce qu'il prétend. Et au lieu de chercher à rassurer et pacifier une société inquiète des conséquences de la crise, il s'apprête à jeter de l'huile sur le feu en ajoutant encore de l'affrontement à la crise…"

 

Pour le bureau national du PG, ce combat que nous devons mener sur les retraites, pour rétablir la vérité et participer à la résistance, est "la mère de toutes les batailles" (lire le texte ci-dessous, publié hier) :

 

La parution du rapport du Conseil d'orientation des retraites a sonné le départ d'une campagne fulgurante d'affolement généralisé. L'urgence est d'y répliquer. Il faut rétablir les vérités piétinées, démontrer que la situation est maîtrisable, avancer des alternatives de progrès social. Oui mais comment faire ? Soudain les thèses générales se confrontent à la réalité. Nous ne gagnerons pas cette bataille sans un outil militant, une force politique capable de convaincre le grand nombre. Nous ne gagnerons pas si nous ne levons pas le doute qui pèse sur la mobilisation en montrant qu'un gouvernement de gauche mis en place en 2012 pourrait mener une autre politique sur les retraites.

 

Toute la situation politique d'après régionales se trouve condensée dans ce moment. La volonté de la droite de passer en force est manifeste. L'argumentaire grec a commencé : Alain Minc rappelle aux auditeurs de France Inter qu'il faut réduire nos déficits car les agences de notation veillent au grain. Le silence du PS est assourdissant. Le Front de Gauche existe mais sa parole manque encore. Si elle est faible, nous serons balayés. Si elle est forte nous franchirons une nouvelle étape. Or pour être une voix entendue, le Front de Gauche doit assumer qu'il est candidat au pouvoir.

 

Nous débattrons bientôt avec la direction du PCF de nos propositions pour le Front de Gauche (une alliance durable avec un « paquet » incluant cantonales, présidentielle et législatives, l'élargissement à toutes les forces qui ont fait avec nous les régionales, des adhésions directes pour permettre à chacun de renforcer le Front de Gauche). La bataille des retraites rappelle l'urgence et la nécessité de chacune d'elles. En nous accordant rapidement sur le principe de candidatures communes, nous concrétiserons une union durable qui pourra se déployer sur le terrain. En ouvrant à tous l'adhésion au Front de Gauche et en l'élargissant, nous accueillerons les nouveaux combattants dont nous avons besoin. D'autres idées surgiront sans doute. Il faut s'appuyer sur l'invention qui découle de l'action pratique. Ce sont les exigences concrètes qui nous feront avancer. Ce sont elles et non le seul PG qui veulent que la résistance sociale et la construction d'une alternative politique marchent d'un même pas.

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