Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !
A PASCALE CROZON (PS) :
Chère Pascale,
Bien entendu, vous allez gagner dimanche prochain, avec les voix des électeurs du Front de Gauche, qui se mobiliseront pour battre la droite le plus nettement possible.
Passons sur la manière dont le PS s’est comporté avec le Front de Gauche, en refusant tout accord national permettant d’éviter des seconds tours UMP-FN. Votre priorité semble avoir été de
supprimer un maximum de député-e-s du Front de Gauche, et vous êtes en train d’y arriver, notamment dans la banlieue « rouge » de Paris, où plusieurs députés de valeur, tels que Roland Muzeau ou
Patrick Braouezec, ont été ou risquent d’être balayés par des candidats PS, souvent de jeunes loups qui vous permettent d'afficher une image de modernité et de changement. Pourtant, vous vous
appuyez, et vous le savez, sur un mode de scrutin inique et archaïque, et sur un calendrier mis en place par Lionel Jospin, qui transforme les élections législatives en formalité, confirmant la
victoire à la présidentielle du parti dominant, en réduisant au maximum la diversité des partis représentés à l’Assemblée, ce qui ne peut qu’aggraver encore l’abstention. Etes-vous satisfaite de
ce système ?
Et puis, gagner, d’accord, mais pour quoi faire ? Selon vous, Pascale, la retraite à 60 ans à taux plein est impossible, comme vous me l’avez dit un jour, alors que je revenais d’une des grandes
manifestations pour les retraites, couvert d’autocollants… Une augmentation substantielle du SMIC (dont le pouvoir d’achat est bloqué depuis 5 ans !) n’est pas à l’ordre du jour : juste un léger
coup de pouce cet été. Pas de grande réforme fiscale en vue, pour un nouveau partage des richesses au profit des travailleurs salariés ou indépendants les plus modestes. Le PS tourne aussi le dos
à une ambitieuse transition écologique et énergétique, qui permettrait pourtant de développer des technologies d’avenir et de créer des milliers de nouveaux emplois qualifiés. François Hollande
n’envisage pas la sortie du nucléaire, il a déclaré en mars qu’il n’était pas opposé aux gaz et huiles de schiste...
A plus court terme, la nouvelle majorité parlementaire va-t-elle céder aux politiques d’austérité, comme Jospin avait cédé dès son arrivée au pouvoir en 1997, en adoptant le nouveau « pacte de
stabilité » du traité d’Amsterdam, signé par Chirac, pourtant dénoncé par le PS pendant la campagne ? La majorité présidentielle continuera-t-elle à se soumettre au « mécanisme européen de
stabilité » (les députés socialistes n’ont pas voté contre, cette année !) et au « pacte budgétaire » du traité « Merkozy », qui interdirait à notre pays et à notre continent de concevoir des
politiques alternatives au néolibéralisme ? François Hollande promet de renégocier le traité, et de faire fléchir Mme Merkel, en vue d’une politique de croissance en Europe, mais il ne s’en est
pas donné les moyens pour le moment. Est-il prêt à un salutaire bras de fer avec l’Allemagne, afin de l’amener : à réguler la « concurrence libre et non faussée » qui ne profite qu’aux
multinationales et à quelques pays ; à accepter une redistribution des richesses entre les pays européens, avec un véritable budget de l’Union européenne, qui puisse dépasser 1 % du PIB de
l’Union comme actuellement ?
Permettez-moi une amicale mise en garde : vous auriez tort de croire que la majorité absolue que vous obtiendrez peut-être dimanche prochain est pour vous un blanc-seing qui vous autorisera à
ignorer comme par le passé la gauche radicale. Le peuple ne sera pas toujours patient, le peuple ne sera pas toujours raisonnable. La prise en compte de certaines de nos propositions,
parfaitement réalistes et cohérentes - comme nous l’avons expliqué à de multiples reprises, durant une campagne qui a enthousiasmé le pays et même les médias - est une nécessité pour faire face à
l’urgence sociale et démocratique, dans notre pays. Future députée de Villeurbanne, porterez-vous à l’Assemblée une grande loi sociale de gauche, en concertation avec les militants locaux du
Front de Gauche et des écologistes ?
Le Front de Gauche souhaite votre victoire à Villeurbanne, et une sévère défaite de la droite et de l'extrême-droite dans notre pays dimanche prochain ; mais ses militants, ses sympathisants et
ses électeurs ne vous soutiennent pas jusqu’à présent, et n’adhèrent pas aux « 60 propositions » de François Hollande, très décevantes pour la gauche digne de ce nom. Le Front de Gauche, comme
l'a dit plusieurs fois Jean-Luc Mélenchon, ne se considère pas comme faisant partie de la majorité présidentielle. Il continuera à porter un programme exigeant de rupture avec l’ « union sacrée »
du libéralisme en Europe, pour une transformation sociale et écologique. En un mot nous restons fidèles à l’idéal de la République sociale, qui veut « rendre possible ce qui est nécessaire ».
Salutations de gauche,
Eric Barbot
Parti de gauche/Front de Gauche de Villeurbanne
A EMMANUELLE HAZIZA (UMP) :
Emmanuelle,
En 2006, à l'arrivée de la Route du Rhum, le navigateur Jean Le Cam (qui avait perdu de 28 mn derrière Roland Jourdain) avait déclaré : "pour faire un beau vainqueur, il faut un beau second".
Comme vous le savez, je ne voterai pas pour vous dimanche, et avec mes camarades nous militons pour que la droite soit battue le plus nettement possible, afin de clore la période sarkozyste qui a
fait tant de mal à notre pays et à ses habitants.
Néanmoins, permettez-moi d'apprécier votre première campagne en tant que titulaire, qui est plutôt réussie (avec un score honorable au premier tour), et qui est surtout digne. Jamais je ne vous
ai vue tenter de séduire l'électorat du FN - ce qui se fait beaucoup en ce moment, hélas, dans votre parti, sachant que deux électeurs de droite sur trois sont prêts à des accords UMP-FN (sondage
Ipsos-Logica paru le 11 juin).
Dans votre profession de foi du 2nd tour, vous continuez à mettre en avant des arguments économiques et sociaux, plutôt que sécuritaires et identitaires.
A l'heure où les digues républicaines entre la droite et l'extrême-droite s'effondrent un peu partout en France, je souhaite bon vent et bonne route à la "belle seconde" que vous serez, et je
serai heureux de vous affronter encore longtemps.
Salutations républicaines,
Eric Barbot
Parti de Gauche/Front de Gauche de Villeurbanne