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Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !

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les ordonnances MACRON suivie d un edito sur l 'europe et le devenir des peuples par JLM

Je fais le point sur cette étrange semaine. Est-ce celle où nous avons perdu une bataille sur le Code du travail si mal conduite ? Puis, je vais sur des enjeux qui ont retenu mon attention et le besoin de mettre mes idées au net, le crayon à la main. Et au milieu de tout ça, je suis allé à GE Hydraulique à Grenoble où l’on m’avait demandé de venir soutenir la lutte, puis aux Baumettes à Marseille. Et mardi, j’ai prononcé un discours à la tribune de l’assemblée nationale sur la construction européenne.

Comme tout cela est disponible en vidéo ou texte ou reportage sur Facebook, je n’en surcharge pas ces lignes déjà si longues. Et je garde pour moi quelques autres épisodes du chemin. Et parmi eux, le moment si douloureux des funérailles de mon très cher Alain Billon, mercredi 11 octobre au cimetière de Saint-Maur-des-fossés. Dimanche je m’exprimais au Grand Jury de RTL. Puis, je conclus ces lignes après avoir failli mourir d’ennui en écoutant le président de la République sur TF1. Ma semaine a été longue comme pour beaucoup d’entre vous. Mais je n’ai pas aimé son ambiance incertaine politiquement après le bien petit résultat de la réunion syndicale unitaire.

hauts et bas humeur&lt

Cette semaine aura été celle des hauts et des bas de l’humeur politique. Rappelons que nous sommes toujours dans la bataille à propos des ordonnances sur le code du travail. La semaine précédente avait vu le front du refus syndical s’élargir de façon spectaculaire avec l’entrée en opposition de Force Ouvrière puis le rendez-vous unitaire au siège de la CGT. Nous pensions tenir l’occasion de voir le mouvement social se reprendre en main face à l’adversaire. Le 23 septembre, dans mon discours place de la République, j’avais dit que nous demandions aux syndicats de prendre l’initiative et que nous nous placerions à leur suite.

L’idée était de réduire le niveau de tension créé par les remarques acides du secrétaire général de la CGT et de celui de FO. Nous voulions aussi stopper d’un coup la grosse campagne selon laquelle nous serions en compétition pour diriger la lutte. Bref, nous avons passé la main de la conduite du combat pour faciliter son déroulement et surtout son élargissement. La suite a été bien décevante.

Car de ce leadership, que sort-il ? Fort peu. À vrai dire : rien. La réunion syndicale unitaire a convoqué une autre réunion unitaire pour « envisager une journée d’action en novembre ». Pendant ce temps les corporations, abandonnées à elles-mêmes, négocient séparément. Les plus puissantes obtiennent des résultats spectaculaires.

Ainsi les routiers et les dockers. Leurs acquis confirment notre procès contre ces ordonnances. Ils obtiennent que l’accord de branche s’impose à l’accord d’entreprise ! Mais toutes les autres professions où le rapport de force est plus difficile à construire et où le niveau d’organisation n’est pas le même, restent clouées au sol.

Tout semble se dessiner pour une défaite du mouvement ouvrier traditionnel. Elle sera sans précédent. La situation du droit dans l’entreprise sera ramenée des décennies en arrière. La représentation salariale amoindrie, le contrat de travail réduit à une peau de chagrin et son contenu contractuel quasi réduit aux obligations du salarié et au bon plaisir de l’employeur. En tout état de cause, le renversement de la hiérarchie des normes et l’abandon du principe de faveur sont des évènements considérables. Car le Code du travail est le cœur de l’organisation des rapports sociaux de production.

De son côté, le groupe parlementaire « La France insoumise » continue ses rencontres bilatérales en vue d’une large action commune de tout le champ impliqué dans cette lutte. Il est clair que les confédérations CGT, FO et CFDT n’en veulent pas. Pour l’instant la probabilité de la victoire de Macron par KO sur ces ordonnances augmente d’un bon cran. Et cela alors que les conditions semblaient s’être considérablement dégradées pour lui.

Pour nous ce doit être un sujet de réflexion approfondie. Le « vieux monde » impuissant à vouloir et à changer quoi que ce soit, ce n’est peut-être pas qu’un thème politique. Les directions des corps intermédiaires peuvent-elles être autre chose que des rouages à l’intérieur d’une réalité qui fonctionne comme un bloc ?

Je demande que l’on réalise la violence de ce que nous sommes en train de subir, pieds et poings liés. Et l’ampleur de la défaite qui se dessine sous nos yeux. Mieux que Reagan, plus vite que Thatcher, mieux que Blair, avec un seul texte et en quatre mois, Emmanuel macron va-t-il renverser cent ans de compromis social ? Et il ne faudrait pas en tirer des conclusions ? En tous cas après avoir tenu son poste de combat sans faiblir, « la France insoumise » ne doit se résigner d’aucune façon.

drapeau-europe

Crédits photos : GrandCelinien

Ce n’est pas moi qui choisis les sujets de polémiques médiatiques. Je tiens à le rappeler après avoir lu un commentaire sur les réseaux sociaux qui s’interrogeait sur l’opportunité de déclencher une polémique sur le sujet du drapeau européen. Dans la masse de tout ce que nous faisons, écrivons, et disons chaque semaine, le parti médiatique fait le choix seul de l’angle sous lequel il nous met en cause. Car naturellement il n’est jamais question que de cela. L’angle est toujours le même : susciter de l’indignation à notre propos. Et l’ordre des attaquants est toujours le même.

Le premier cercle Macroniste, puis le deuxième, le tout escorté par les batteries des croiseurs de guerre médiatiques. Puis viennent pour tirer dans le dos les « faux-amis » dont c’est l’unique occasion de se faire remarquer. Et ainsi de suite, d’un buzz à l’autre, d’un jour sur l’autre. L’amendement pour retirer le fanion européen de l’Assemblée nationale a donc capté l’attention au milieu de la cinquantaine que nous avons déposé sur le texte concernant la vie de l’Assemblée nationale. Et le chef de l’État en personne s’en est saisi publiquement depuis l’Allemagne. Pourquoi pas, puisqu’il s’agit de « l’Europe allemande » comme la nomme ce livre préfacé par Cohn-Bendit.

Pour ce qui me concerne, j’aurais bien aimé être pris à parti aussi sur ma sortie à l’usine GE-Hydraulique de Grenoble, ou dans la prison des Baumettes à Marseille, ou pour mon discours à l’assemblée nationale sur l’Europe mardi 10 octobre. Mais ce fut la « polémique avec Valls », un croustillant traquenard, 30 secondes de propos vifs, payé 100 euros à son zélé petit rapporteur au Canard enchaîné et rebondissant toute la semaine

. Connaissant personnellement les artisans de cette chaîne de production je n’y ai accordé aucune importance. Mais pendant ce temps, d’autres de mes amis se faisaient inonder de saloperies en tous genres. La hargne du parti médiatique aura été bien forte cette semaine. Bien sûr, nous aurons été salis aux yeux de bien des gens et plusieurs d’entre nous ont vécu un moment très humiliant, la boule au ventre.

Mais notre dégoût pour la caste médiatique et pour ceux qui collaborent à sa domination a élargi le fossé personnel qui nous en sépare et renforcé nos caractères. De leur côté, des milliers d’amis se sont eux-aussi endurcis dans la compréhension de ce qu’est en réalité le système médiatique et les gens qui le font tourner.

Voir Médiapart tirer dans le dos du « Média » le jour de son lancement aura été un moment d’intense pédagogie pour beaucoup de naïfs désormais mieux avertis de la réalité de la carte politique de la caste. Ce n’est pas rien. Nous ne pourrons jamais gouverner sérieusement ce pays sans avoir été d’abord aussi complètement que possible dégagés de toute faiblesse à l’égard de cette caste. Car elle sera alors, comme dans tous les pays du monde où nous avons gouverné, notre premier et quasi unique adversaire.

Pour autant, le buzz sur le drapeau européen mérite de l’attention et du soin. Je ne récuse pas cette dispute car elle contient du sens politique. Puisqu’elle est là il faut la servir avec des arguments car c’est une occasion d’informer et d’éduquer contre ce qu’est l’Europe des traités actuels.

Le drapeau européen n’existe pas en tant qu’emblème national en France. L’article 2 de la Constitution de la cinquième République déclare que « l’emblème de la Nation est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge ». Comme nous avons posé le problème sous la forme d’un amendement, Emmanuel Macron a déclaré depuis l’Allemagne, vouloir « reconnaître le drapeau européen » dès le prochain Conseil européen.

De cette manière, serait réglée pour toujours la question de la pertinence de son pavoisement dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Il se trompe lourdement. Tout d’abord, le choix du ou des drapeaux qui décorent l’hémicycle n’a jamais relevé du président de la République, ni même des déclarations qu’il peut faire au nom de la République française. C’est celui de l’Assemblée nationale elle-même, de son président et de son bureau.

Lorsqu’en 2006, le drapeau tricolore apparaît dans l’hémicycle, c’est à l’initiative de Jean-Louis Debré, alors président de l’Assemblée. Lequel avait d’ailleurs jugé plus sage et conforme à la tradition républicaine de notre pays de ne pas lui adjoindre le drapeau européen. Lorsque quelques mois plus tard, son successeur, monsieur Accoyer, proposa d’y pavoiser le drapeau européen, il fut obligé de reculer face à l’opposition de députés membres du bureau. Aucun insoumis n’y siégeait… De même, quand en 2008 le drapeau européen apparaît pour la première fois dans l’hémicycle, à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne, c’est suite à une décision du bureau de l’Assemblée, et non de l’exécutif. Par sa déclaration, le Président de la République semble faire fi des pratiques les plus basiques de la séparation des pouvoirs et de l’autonomie du Parlement dans son organisation.

Pire, il semble oublier avec désinvolture que le peuple français, directement et par la voix de ses représentants, a, par deux fois, refusé de reconnaître ce drapeau. Le drapeau européen, ainsi que plusieurs autres symboles pour l’Union faisaient partie du traité constitutionnel, rejeté en 2005 par référendum. Trois ans plus tard, le Parlement réuni en Congrès adoptait le traité de Lisbonne.

Le président Sarkozy avait à l’époque publiquement retiré les symboles, dont le drapeau, du traité pour signifier qu’il tenait compte du « Non » au référendum. On avait d’ailleurs bien ironisé à l’époque car personne n’avait rien demandé à ce sujet ! Du coup, les États membres en désaccord avec cette décision française avaient, à l’époque, signé entre eux une déclaration annexe reconnaissant ces symboles. Or, le Parlement français s’est prononcé sur le traité et les déclarations qui lui sont annexées, actant ainsi que celle sur les symboles n’était pas partagée par notre pays.

Alors ? Tout cela n’est rien ? Vote du peuple, vote du parlement, symbole religieux, rien de tout cela ne compterait. Les petits bourgeois soupirent pour ne pas être obligés de prendre parti : « est-ce bien le moment d’une telle polémique ». Les mêmes gémiront contre l’islam politique. « Ce n’est pas pareil ! » glapissent-ils aussitôt. Comme si le débat sur les « racines chrétiennes de l’Europe » n’avait pas eu lieu ! Donc, si : c’est pareil ! Pas de religion en politique, quelle que soit la religion !

Côté Macron au moins c’est clair : il va à la baston. Il annonce qu’il signera la déclaration reconnaissant le drapeau européen. Peu lui importe qu’il n’en ait pas le droit. Mais après avoir cité 18 fois le mot «souveraineté» dans son discours de la Sorbonne, sans la définir, il en donne un exemple concret. Dans la tradition républicaine, la souveraineté ne s’entend que comme celle du peuple. Le mot se confond avec celui de démocratie. C’est d’ailleurs ce principe que symbolise notre drapeau tricolore, héritage de la Grande Révolution. Dans le cas présent, un homme seul prétend donc revenir sur une décision du peuple puis sur une décision de la représentation nationale. Et tout cela pour afficher une « souveraineté européenne » selon lui désormais réputée supérieure à celle de la Nation et du peuple. C’est à la fois l’aboutissement de la monarchie républicaine et la touche finale à la forfaiture du traité de Lisbonne.

Ce qui pose problème avec le drapeau européen c’est ce qu’il signifie. Il donne de l’Europe une définition confessionnelle. La position que nous défendons sur la présence du drapeau européen dans l’Assemblée nationale n’est pas nationaliste, elle est républicaine. La souveraineté populaire écarte le dogme religieux du champ de la discussion démocratique.

C’est ce principe laïque qui permet que des citoyens ayant des options philosophiques, religieuses ou non religieuses, radicalement différentes puissent tous consentir à l’intérêt général que la loi décidée en commun édicte. Le drapeau européen symbolise l’inverse. Il est directement inspiré de l’imagerie religieuse et en l’occurrence de celle de la vierge Marie dans la religion catholique. Le journal « La Vie catholique » l’a reconnu sans difficulté. Le concepteur du drapeau, Arsène Heitz, l’a toujours assumé. Il déclarait par exemple en 1989 dans une revue catholique : « J’ai eu subitement l’idée de mettre les douze étoiles de la Médaille miraculeuse de la rue du Bac, sur fond bleu, couleur de la Sainte Vierge. Et mon projet fut adopté à l’unanimité, le 8 décembre 1955, fête de l’Immaculée Conception ». Le symbole est donc confessionnel et opposé à l’Europe que nous voudrions, héritière des Lumières c’est à-dire un cadre de liberté pour tous.

Il n’est de débat politique plus noble qu’à propos de symboles. M. Macron le sait. La querelle entre lui et nous sur le drapeau de l’Union européenne va bien au-delà d’un morceau de tissu. C’est un débat de fond sur notre rapport à l’Union européenne. Le président veut mettre ce thème au cœur de son action. Voilà enfin un président qui assume sa volonté de faire l’Europe en défaisant la France et en limitant la souveraineté de son peuple. Que sa première grande décision européenne ait été de laisser l’accord de libre-échange avec le Canada entrer en vigueur avant le vote du peuple français ou de ses représentants en dit long sur cette nouvelle doctrine européenne de la « souveraineté limitée » comme le disait Brejnev des satellites de l’URSS. Mais au moins les hypocrisies de ses deux prédécesseurs n’ont plus cours. Tant mieux ! Nous pouvons désormais confronter des points de vue clairement. Je m’en réjouis. Alors le peuple pourra choisir souverainement son avenir. Cela suppose de ne pas lui imposer des politiques ni des emblèmes qu’il a refusé dans la plus grande clarté d’un référendum.

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