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Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !

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Un texte du philosophe Alain sur les révolutionnaires

Très beau texte, qui a conservé toute son actualité, à méditer...
 
"Je voyais ces jours-ci de ces socialistes d’avant-garde aux yeux desquels Jaurès représente la bourgeoisie conservatrice. Ce sont des hommes qui n’attendent rien du parlement, qui ne votent point et qui comptent sur la violence pour rétablir la justice. Il n’est pas facile de leur parler raison. Si on ne pose pas d’abord que la société bourgeoise est tout à fait pourrie et que toute action qui n’est pas directe et par l’organisation syndicale est tout à fait ridicule ils n’écoutent seulement pas. Je ne les en blâme point trop. Leurs idées sont un peu trop simples pour mon goût mais la discipline et la vertu guerrière ont toujours quelque chose d’admirable. 
Puis ce sont des fanatiques de la justice, leur dieu est respectable. Il nous faut une aile gauche, la raison toute seule ne remue rien. C’est toujours quelque passion qui agit. En chacun de nous, je parle des républicains qui n’ont pas peur de la République, il y a un révolutionnaire qui serre les poings. Si la pensée républicaine ne commençait pas par une colère, nos idées pourraient bien être comprises et expliquées elles ne seraient pas affirmées.
Ce seraient des discours élégants comme on n’en entend que trop.
Il faut que le sentiment appuie un peu sur la plume. Il faut que la plèbe gronde en chacun. Sans quoi l’on s’adaptera trop vite ou si vous voulez l’on s’endormira car c’est tout un. La démocratie sous ce rapport ressemble aux démocrates. Si elle n’est que cerveau elle n’agira point et si elle n’agit point elle cessera même bientôt de penser.

La pensée commence toujours dans les bras, dans les jambes, dans la poitrine. En bref, il faut des passions dans le corps social aussi. Ces gaillards dont je parlais ce sont nos passions c’est d’eux que viennent l’éveil et le réveil.
Seulement il faut suivre la comparaison. L’homme le plus fort est bien faible s’il n’est que force. C’est par l’idée qu’il agit efficacement non par la colère toute seule. Pareillement dans la société ce sont les idées qui sont la vraie force.
S’il n’y avait à vouloir la justice que ceux qui sentent l’injustice au bout de leurs doigts les tyrans auraient du bon temps, car le plus grand nombre chez nous vit passablement. Mais l’injustice touche les cerveaux aussi. De là cette révolution pacifique qui réveille et pousse les puissances.
S’il n’y avait que nos batailleurs des syndicats contre les ambitieux et les riches la chose serait bientôt réglée, par sabre et fusillade. Car cette violence dont ils attendent tout n’est rien du tout si l’on y regarde bien. Cayenne et Nouméa n’en feraient qu’une bouchée. Seulement il y a la masse des arbitres qui au lieu de frapper sans cérémonie pensent équitablement ces cris-là et cette violence-là, modère le cuirassier, retient la brigade centrale et s’assure avant de défendre l’ordre que l’ordre vaut qu’on le défende. 
Ainsi nous sommes contre les réactionnaires malgré leurs beaux compliments et pour les révolutionnaires malgré leurs injures."
ALAIN, Les Cent un Propos d'Alain (2ème série), Politique, Prologue III, 31 juillet 1910
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