Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !
Tout ce que vous avez voulu toujours savoir sur cette entreprise, un cas à étudier de manière approfondie, car Total est synonyme de scandale du capitalisme
français :
Total : le champion des profits et le roi des dividendes
Total, 1ère entreprise française, détient le record des plus gros profits jamais atteints par une entreprise française :
2006 : 12,6 milliards d’euros
2007 : 13,2 milliards d’euros
2008 : 13,9 milliards d’euros
2009 : 8,44 milliards d’euros
Soit 50 milliards de profits en 4 ans !
Depuis 2004, le dividende versé par Total aux actionnaires a augmenté de 70 % ! En 2009, Total a augmenté de 10 % les dividendes versés à ses actionnaires.
Pour 2010, Total propose de maintenir le niveau des dividendes, alors même que le bénéfice a reculé. Le groupe affiche en 2009 un taux de rentabilité de 13 %.
Délocalisation des capacités de raffinage : un dumping social et écologique
Début 2009, Total avait annoncé la suppression de 550 emplois dans les activités de raffinage et de pétrochimie. La fermeture de la raffinerie de Dunkerque en est une conséquence. En 2009, Total a aussi supprimé 900 emplois dans ses raffineries en Angleterre. D’après le rapport d’activité 2009, les objectifs du groupe sont : « réduction des capacités de raffinage dans les pays de l’OCDE » et « concentration sur les raffineries les plus compétitives ». La justification officiellement invoquée est le tassement de la consommation de produits raffinés dans les pays industriels.
En réalité, Total délocalise massivement ses capacités de raffinage des pays consommateurs vers les pays producteurs dans une logique de dumping social et
écologique. Alors qu’il ferme ses raffineries en France et en Europe, Total construit en Arabie Saoudite Jubail, sa plus grande raffinerie du monde qui doit ouvrir en 2011, pour un
investissement colossal de 9,6 milliards de dollars.
Dumping social : les coûts de raffinage dans les pays producteurs sont nettement plus faibles que les coûts dans les pays industriels (notamment en Arabie Saoudite où travaillent des
millions d’immigrés des Philippines, du Pakistan, d’Inde et d’Indonésie sans aucun droits sociaux) dumping écologique : Total délocalise ses émissions
de CO2 vers des pays non soumis au protocole de Kyoto et aux quotas européens de CO2 (l’Arabie Saoudite n’a pas signé le protocole de Kyoto).
Total est le 3ème plus gros émetteur de CO2 de France (derrière EDF et Arcelor
Mittal) avec 13,6 millions de tonnes de CO2 émises. Total détient le record de la progression des émissions de CO2 avec + 26 % de 2005 à 2008. Avec la perspective du resserrement des
quotas européens de CO2 qui devraient devenir payants à partir de 2012 et la taxe carbone française (dont Total ne devrait plus être exonéré), le groupe accélère donc la délocalisation de ses
activités polluantes pour maintenir ses profits.
Les autres groupes du secteur sont sur la même pente et vont donc réduire les capacités de raffinage en France (notamment ExxonMobil qui détient des raffineries Esso à Fos sur Mer et en Normandie)
L’utilisation aberrante des profits de Total
Entre 2002 et 2005, les investissements productifs de Total ont augmenté 5 fois moins vite que ses profits (+22% d’investissements de production contre + 106 % de profits).
L’essentiel de ces profits faramineux n’est pas réinvesti à long terme mais sert surtout à augmenter la rémunération des actionnaires et à racheter ses propres actions.
Depuis 2003, le dividende par action a doublé (passant de 1,18 euros à 2,28 euros). Les salariés n’en voient pas non
plus la couleur : le salaire moyen y a baissé de 8% en trois ans et la part des salaires dans la valeur ajoutée y chuté de quatre
points.
Total est aussi devenu le champion français des rachats d’action. Depuis 2000,
Total a ainsi racheté pour 30 milliards d’euros de ses propres actions, soit 30 milliards partis en fumée. Cette
pratique purement spéculative sert juste à faire grimper artificiellement le cours de l’action Total et à augmenter à
court terme le dividende versé par action, le tout en faisant littéralement partir de l’argent en fumée, sous forme de destruction du capital de
l’entreprise.
Que pourrait-on faire avec les profits de Total ?
Avec les 13,9 milliards de profits 2008, on aurait pu :
- financer une baisse de 2 points du taux normal de TVA pour tous les Français (passage de
19,6 à 17,6 %) ou encore de supprimer carrément la TVA sur les produits de première nécessité (suppression du taux de 5,5 % qui serait ramené à 0)
(le ministère des finances chiffre le point de TVA à taux normal à 6,5 milliards par an, donc baisser de 2 points coûterait environ 13 milliards ; le point de TVA à taux réduit étant chiffré à 2,6 milliards, le ramener à zéro coûterait environ 14 milliards)
Avec les 30 milliards de profits gaspillés dans le rachat de ses propres actions, on aurait pu :
- construire 300 000 logements sociaux (coût d'un logement social : 100 000 euros) Ces 30 milliards gaspillés par Total représentent 10 fois le budget de la culture en France (3 milliards) ou 5 fois le budget de la justice (6 milliards).
Taxes exceptionnelles des profits pétroliers : même Bush l’a fait
Aux Etats-Unis : Le leader mondial de l’industrie pétrolière a créé dès 1980 une surtaxe spéciale sur les profits pétroliers, destinée à compenser le caractère indu des superprofits pétroliers et leur effet négatif pour les consommateurs. La relance de cette taxe a été proposée en 2005 par le Sénat américain à hauteur de 5 milliards, et a été suivie en 2007 par le chambre des représentants.
En Grande-Bretagne : Le 5 décembre 2005, le gouvernement britannique a décidé de doubler la surtaxe sur les profits réalisés par les groupes pétroliers en Grande Bretagne, ce qui devrait rapporter près de 4 milliards d'euros d'ici 2008.
En Chine : Depuis 2006, le gouvernement a décidé de créer une surtaxe exceptionnelle sur les profits pétroliers des compagnies
chinoises à hauteur de 2 milliards d’euros par an.
La solution : nationaliser Total
Jusqu’à la vague libérale des années 1990, l’Etat a toujours gardé en France un contrôle étroit sur l’activité pétrolière et gazière. Dépourvue de véritables ressources pétrolières en métropole, la France n’avait pas d’atout particulier pour avoir une industrie pétrolière de grande envergure (la 4ème mondiale). C’est en partie grâce à l’impulsion publique qu’elle a pu y arriver.
On peut remonter à 1750 pour voir l’Etat royal accorder des patentes à la 1ère manufacture pétrolière du monde pour produire huiles et asphaltes à Péchelbronn. Plus près de nous, face à l’anarchie marchande qui menaçait l’approvisionnement de la France, une loi de 1928 instaurait un monopole d’Etat sur l’importation de pétrole et sur l’utilisation de ses produits dérivés.
Dans ce cadre les compagnies pétrolières étaient soit publiques (comme Elf) soit d’économie mixte (comme Total-Compagnie française des pétroles dans lequel l’Etat disposait de 30 % du capital et d’une voix prépondérante)
C’est la droite qui a mis par terre cet édifice : ouverture du capital d’Elf en 1986 puis privatisation totale d’Elf et de Total-CFP en 1993-1994 par Balladur (loi pétrolière de 1928 avait
été abrogée par le gouvernement Rocard en 1992, ouvrant la voie à la dérégulation du secteur) Dès lors l’Etat s’est privé de tout instrument efficace de
pilotage du secteur, ce qui a directement conduit aux dérives actuelles.
Le comble, alors que l’Etat français n’a plus aucune influence sur Total c’est que l’Etat chinois est entré depuis 2008 au
capital de Total (pour 1,6 % à travers le fond souverain de la banque centrale chinoise, ce qui fait de la Chine un des 3 premiers actionnaires du géant pétrolier)
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