Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !
COMMUNIQUE NATIONAL
Le Parti de Gauche a rencontré les Verts-Europe Ecologie ce Mardi 8 juin au siège de ces derniers. Les deux délégations étaient conduites respectivement par Jean-Luc Mélenchon et Cécile Duflot. Il s'agissait de la première rencontre entre nos deux formations qui ont pour premier point commun de se réclamer toutes deux de l'écologie politique.
La rencontre s'est déroulée dans un excellent climat, convivial et détendu. Notre discussion a évoqué la nécessité de sortir à la fois de la logique du tout profit et des modèles productivistes.
Nous avons pris acte de nos mobilisations communes sur le terrain de l'écologie : contre l'EPR de Penly, le projet aéroport de Notre Dame des landes, la relance des OGM par la commission européenne... Nous avons également constaté que nous participions ensemble à d'autres batailles sociales et pour l'égalité des droits entre toutes et tous : dans l'appel Attac-Copernic contre le projet de réforme des retraites, aux côtés des travailleurs sans-papiers en grève, pour le droit au logement...
Bien sûr nos analyses et les solutions globales à apporter à la crise comportent des différences. Pour autant, chacune à leur manière, nos deux formations remettent en question l'hégémonie d'un seul parti à gauche - en construisant des alternatives positives, respectivement avec le Front de Gauche et Europe Ecologie. L'une et l'autre prônent l'autonomie au premier tour et le rassemblement de la gauche au second pour battre la droite. Nous avons à plusieurs reprises observé qu'il existait de fait aujourd'hui trois espaces crédibles à gauche. C'est une donnée nouvelle importante. Les citoyen-ne-s peuvent donc opérer de vrais choix, ce qui renforce à la fois la démocratie et la possibilité d'une véritable alternative à la droite.
Nos deux formations ont prévu de se rencontrer régulièrement pour continuer à discuter de contenu et de stratégie politique.
Et voici ce qu'en dit Jean-Luc Mélenchon sur son blog aujourd'hui :
Bonne rencontre avec les Verts. Le communiqué du Parti de gauche est en ligne sur son site. On est convenu de ne pas trop en dire parce que la conversation a fait le tour de la planète. Et aussi parce que pour parler comme Cécile Duflot, en refus du style faux cul, nous avons aussi parlé stratégie et même un peu (tout petit peu) cuisine. Rien de lourd. Rien de décisoire ni décisif. De la cuisine moderne. Sobre et rapide. Le fond était assez excitant. Ils ont autant envie que nous de marier la radicalité du changement de regard et de méthodes et l’ambition majoritaire. Eux non plus n’ont ni peur ni complexes à l’égard des socialistes. Ils sont de gauche aussi ; nous sommes écologistes aussi. On va se revoir beaucoup.
Un autre article intéressant qui détaille la rencontre : celui de l'AFP (qui insiste sur l'opposition au PS et en particulier à DSK) : un rapprochement avec EE (ou au moins avec les Verts) ne serait pas simple, mais l'idée doit dès maintenant faire son chemin...
PARIS — Ancrés bien à gauche, Jean-Luc Mélenchon et Cécile Duflot se sont trouvés un adversaire commun en la personne de Dominique Strauss-Kahn, l'éventuel candidat du PS en 2012 dont l'action au FMI est vivement critiquée par les leaders du Parti de gauche (PG) et des Verts.
Pour la première fois, -une réunion en décembre avait été annulée le jour même par les Verts-, Mme Duflot et M. Mélenchon se sont rencontrés mardi au siège des écologistes dans un climat "amical" et "constructif". A leurs côtés, pour Europe Ecologie : Jean-Vincent Placé, Denis Baupin et André Gattolin, le bras droit de Daniel Cohn-Bendit. Côté PG, Martine Billard (ex-Vert), Eric Coquerel et François Delapierre.
Au menu de ces deux partis se revendiquant de l'écologie politique : un tour d'horizon des questions d'actualité (retraites, euro). "On a une approche commune des urgences sociales et écologiques et de leur accélération par la crise", a déclaré M. Coquerel à l'issue de la réunion.
Autre sujet, l'opposition à Nicolas Sarkozy en vue de 2012. Dans cette perspective, les deux dirigeants ont récemment fait part de leur réticence devant une éventuelle candidature de Dominique Strauss-Kahn pour le PS mais le sujet n'a pas été évoqué mardi soir, selon le PG.
Très remonté, M. Mélenchon a, il y a quelques jours, mis en garde son ancien parti contre DSK qui est "en train d'asphyxier l'économie mondiale" à la tête du FMI. Cela rendrait "extrêmement compliqué le rassemblement de la gauche" au deuxième tour, assure l'eurodéputé à l'ambition présidentielle.
Plus prudente, Cécile Duflot avoue qu'une telle candidature lui "chiffonnerait un peu le nez" car DSK, même s'il est "trop facile" de dire qu'"il est de droite", "assume une politique libérale et préconise une rigueur insupportable".
"Moi je n'ai aucun problème avec Dominique Strauss-Kahn", a fait valoir mardi Daniel Cohn-Bendit, comme une énième divergence avec la patronne des Verts.
Au Parti de gauche, on observe avec attention ces dissonances : "on voit bien ce qu'est le parti Vert", un parti enraciné à gauche, "mais il y a des questions à se poser sur la nébuleuse Europe Ecologie", son "rapport à la crise du capitalisme, à la gauche, à la droite", explique Eric Coquerel (PG).
En tout cas, "il y a un point commun dans ce qu'on fait au Front de gauche (FG) et à Europe Ecologie (EE) : on remet en question l'hégémonie du Parti socialiste", assure-t-il.
En décembre 2009, M. Mélenchon avait même proposé un "accord préalable" de rassemblement au second tour des régionales de mars à Daniel Cohn-Bendit qui s'était montré très réservé. Les Verts avaient également refusé ces "combinaisons" vers un "pôle quasiment anti-socialiste".
Lundi, le Parti de gauche est revenu à la charge, s'appuyant sur le premier tour de la cantonale partielle de dimanche à Villeurbanne (Rhône) où le Front de gauche PCF-PG (8,9%) et Europe Ecologie (22,7%) "font ensemble plus de voix que le Parti socialiste" (30,5%).
"Si une alliance électorale Front de Gauche-Verts se constituait, elle pourrait rapidement devenir majoritaire à gauche, ce qui ouvrirait concrètement la voie d?une rupture écologique et sociale avec le capitalisme et le productivisme", souligne François Delapierre, délégué général PG.
Les Verts veulent en rester à "la stratégie globale face à la droite", argue Jean-Vincent Placé : "on n'est pas dans le schéma des recompositions à gauche", "notre objectif, pas toujours facile à réaliser, c'est le rassemblement des écologistes".