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Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !

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Pourquoi nous sommes révolutionnaires

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Contrairement à ce que prétendent les réactionnaires, le tempérament révolutionnaire ne consiste pas à rêver de mondes utopiques dans un futur lointain, mais à répondre à l'urgence du présent. Comme l'écrit le grand philosophe marxiste Alain Badiou dans Libération le 17 mars, c'est "l'enthousiasme pour l'événement". Apprécier l'imprévisible, l'incertain... ce texte - en dépit d'un antiparlementarisme contestable - illustre très bien la création et le développement du Parti de Gauche...


 
Débat. Peut-on encore croire aux lendemains qui chantent ?

L’affect révolutionnaire, c’est l’enthousiasme pour l’événement
 
 Par ALAIN BADIOU philosophe
 
Les «lendemains qui chantent» n’ont jamais été qu’une mythologie,
plus employée, à vrai dire, par les ennemis de la pensée
révolutionnaire ou communiste que par ses amis ou ses militants.
Cette mythologie soutenait qu’on allait demander aux ouvriers et gens
du peuple des sacrifices innombrables, au nom d’un futur nébuleux
dont la réalisation serait constamment différée. C’était une des
variantes de la propagande encore la plus active aujourd’hui : «Ce
que vous avez n’est pas grand-chose, mais c’est réel, et ce que la
politique d’émancipation vous promet est formidable, mais n’existe
pas». Mais est-ce au nom d’une promesse fumeuse que des millions de
gens se sont ralliés, et, n’en doutons pas, se rallieront, à des
actions et des pensées politiques totalement étrangères au capitalo-
parlementarisme qui prétend incarner la «réalité» ? Je n’en crois rien.
 
La temporalité de l’action inventive, de l’action qui vise non à
gérer le monde tel qu’il est mais à y faire surgir des possibilités
inconnues, est toujours, non pas du tout sous l’empire d’une
représentation de l’avenir, mais sous celui de l’urgence du présent.
Qu’on pense seulement à ce que signifie l’incertitude d’une
insurrection, l’attente anxieuse du succès ou de l’échec d’une
manifestation, voire le simple contentement de mener à la porte d’une
usine une discussion significative avec un groupe d’ouvriers, ou la
tension d’une veille nocturne pour empêcher si possible, au petit
matin, une rafle de la police dans un foyer d’ouvriers de provenance
africaine. Oui, le temps réel de la vraie politique est le présent,
l’intensité exceptionnelle que confère au présent de n’être plus dans
le sillon des habitudes, des petites jouissances et des rivalités
secondaires où s’enlise la vie telle que l’Etat la considère. La
passion de la politique n’a pas pour affect la représentation dite
«utopique» d’un avenir glorieux. Son affect se rapporte au contraire
à ce qui advient d’imprévisible, à l’étonnement magique de ce que
telle ou telle rencontre improbable a eu lieu
, que tel ou tel mot
d’ordre a été trouvé, dans une langue à la fois dure et claire, à
l’issue d’une réunion improvisée. Kant l’a bien vu : cet affect
révolutionnaire, c’est l’enthousiasme pour l’événement, et non la
délectation abstraite du futur. Les sacrifices eux-mêmes sont-ils
consentis sous l’idée abstraite du futur ? Evidemment non. Sans doute
Malraux a-t-il été le grand romancier de leur nature réelle :
affirmer, au présent, qu’une vie n’a de sens véritable que sous le
signe d’une idée, et que l’idée elle-même n’a de sens que si elle est
agissante
dans une situation historique donnée. Qu’alors il y ait une
inexplicable joie est un fait. Ces moments de la vie sont du reste
ceux auxquels reviennent toujours, dans leurs récits d’existence, les
survivants des combats. Ce sont les politiciens parlementaires qui,
dans leurs «programmes», auquels eux-mêmes ne croient guère,
promettent de satisfaire dans l’avenir les intérêts de leurs diverses
clientèles.
 
Le «bonheur», pour eux, n’est jamais que la satisfaction, demain, des
intérêts particuliers, la sécurité des routines et la perpétuation
des fortunes. Mais le bonheur, dont j’espère qu’on pourra à nouveau
le dire «communiste», n’est pas de cet ordre. Il est la découverte de
ce que chacun est capable de bien plus de choses nouvelles que ce
qu’il imaginait. L’opposition véritable, quant au bonheur, n’est pas
entre le futur et le passé. Elle scinde le présent en une
représentation conservatrice et sécuritaire et une urgence
enthousiaste pour se nouer à ce qui n’avait jamais eu lieu et
cependant advient. Le bonheur communiste se dira : «Aimez ce que
jamais vous ne verrez deux fois.»

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