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Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !

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Pour l'emploi, une autre cohérence

TRIBUNE PUBLIEE DANS "MEDIAPART" par l'équipe d'économistes du Front de Gauche :

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L’emploi, tous les candidats à la présidentielle s’en disent préoccupés. Comment d’ailleurs faire autrement alors que le chômage monte, apparemment de façon inexorable. Le candidat non déclaré Nicolas Sarkozy, utilisant ses habits de président de la République, a convoqué un sommet social censé répondre à cette préoccupation. (...)

Pour que l’emploi se développe, nous disent le président de la République et le patronat, il suffit de baisser le coût du travail, de rendre celui-ci plus flexible et d’allonger sa durée. Que cette thèse ait abouti à une détérioration considérable de la condition salariale, sans créer vraiment d’emplois, n’a pas l’air de contrarier ses défenseurs. On peut d’ailleurs les comprendre. À défaut de développer l’emploi, ce sont les profits des entreprises, en particulier des plus grandes, qui l’ont été. (...)

Les entreprises sont aujourd’hui guidées par une logique financière visant à maximiser «la création de valeur pour l’actionnaire». Le bilan de ces trente dernières années est éloquent. Le chômage et la précarité ont grandi alors que la part des salaires baissait de 5 à 8 points, selon que l'on prend comme référence 1972 ou 1982, soit entre 100 et 160 milliards d’euros par an en valeur actuelle. De plus, l’investissement productif a progressé très modérément, alors qu’explosaient les placements financiers, les exportations de capitaux et la part des dividendes dans le PIB. L’emploi est, dans ce cadre, une simple variable d’ajustement. S’attaquer vraiment au chômage et à la précarité suppose de rompre radicalement avec ce type de logique.

Nous pouvons identifier cinq paquets de mesures alternatives aux politiques néolibérales en matière d’emploi. Il s’agit d’abord de soustraire les entreprises à la logique financière. Il faut certes, et c’est essentiel, favoriser l’investissement productif aux dépens de la rente. Des mesures fiscales doivent permettre de pénaliser la distribution des profits non réinvestis et taxer fortement les dividendes et les revenus des dirigeants pour instaurer, de fait, un revenu maximal. Une autre possibilité pourrait être de plafonner les dividendes versés aux actionnaires.

Pour développer l’emploi, l’investissement productif doit être tourné vers les besoins sociaux à satisfaire, permettre d’engager la nécessaire transition écologique de la société et relever le défi de la réindustrialisation. Il faut donc, par un contrôle social des banques, avec l’action d’un pôle financier public, réorienter le crédit vers des investissements qui répondent à des critères écologiques et sociaux. De plus, des mesures spécifiques de crédit pour alléger les charges financières des PME doivent être mise en œuvre. Dans cette logique, le refinancement des banques auprès de la Banque centrale devrait être soumis à des conditionnalités sociales et écologiques. Utilisons toutes les marges de manœuvre nationales et européennes qui existent pour agir dans ce sens et élargissons-les.

Depuis des années, les services publics ont été systématiquement affaiblis. Les directives européennes de libéralisation, qui les ont placés en situation de concurrence, ont favorisé leur démantèlement, la désastreuse révision générale des politiques publiques (RGPP) provoque aujourd’hui leur agonie. Or, le développement des services publics est une condition absolument nécessaire pour que l’investissement des entreprises puisse se déployer efficacement pour satisfaire les besoins sociaux et réduire les inégalités. (...)

La réorientation de l’investissement productif aura des conséquences sur les salariés. Produire autrement et autre chose nécessitera sans aucun doute des reconversions. Il faut donc protéger les salariés et les sans-emploi, promouvoir leurs capacités. La mise en place d’une sécurité sociale professionnelle ou d’un statut du salarié doit permettre que ce dernier puisse bénéficier du maintien de sa rémunération, de sa protection sociale et d’une formation professionnelle lui garantissant de retrouver un emploi équivalent à celui qui était le sien. Cette mesure pourrait être financée par les ressources actuelles de l’indemnisation chômage, auxquelles viendrait s’adjoindre une cotisation sociale spécifique. De nouveaux droits pour les salariés dans l’entreprise complèteraient cette mesure. (...)

Enfin il faut reprendre le mouvement historique de réduction du temps de travail (RTT). Elle est, d’abord, nécessaire sur le plan économique pour favoriser l’efficacité au travail au lieu de la surexploitation actuelle, concentrée toujours sur les mêmes. Puisqu’il s’agit d’accueillir les nouveaux actifs et de résorber le chômage, la RTT est absolument nécessaire aujourd’hui, en permettant de décupler l’effet de l’activité économique sur l’emploi, tout autant qu’elle l’a été dans le passé. Ainsi, la productivité horaire a été multipliée par 15 au cours du XXe siècle alors que la production ne l’était que par 10. Dans la même période, le temps de travail a été divisé par deux et l’emploi multiplié par 1,3. (...) La diminution de la durée légale du travail pour tous sans perte de salaire fait partie de l’alternative à l'institutionnalisation du chômage partiel comme nouvelle norme et comme instrument de politique de l'emploi.

À l’encontre de politiques d’austérité qui mènent à la récession, ce lot de mesures dessine les contours d’un nouveau mode de développement visant la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités et le respect des impératifs écologiques. Syndicalistes et économistes, nous soutenons le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, pour faire prévaloir cette logique de transformation sociale qui nous est indispensable.

Frédéric Boccara, économiste - Claude Debons, syndicaliste - Anne Debregeas, syndicaliste EDF - Jacques Généreux, économiste - Elodie Groutsche, syndicaliste Fralib - Jean-Marie Harribey, économiste - Michel Husson, économiste - Marianne Journiac, syndicaliste AP HP - Pierre Khalfa, syndicaliste - Didier Le Reste, syndicaliste - Jacques Rigaudiat, économiste - Stéphanie Treillet, économiste

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