Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !
UNE ANALYSE ECLAIRANTE PARUE DANS "LE MONDE", PAR LA FONDATION JEAN-JAURES
Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, le 28 août 2009.© François Lafite/© François Lafite
Y a-t-il aujourd'hui une banalisation du FN ? Oui. Le parti d'extrême droite ne compte certes qu'une petite poignée de conseillers généraux, mais il est le vainqueur incontestable des élections cantonales. Surtout, les dernières études d'intention de vote placent systématiquement Marine Le Pen à des niveaux de premier tour que n'avait jamais atteints son père – allant souvent jusqu'à éliminer Nicolas Sarkozy, voire le ou la candidat(e) de la gauche, du second tour.
Quelle est la responsabilité du président de la République dans ce processus ? Elle est majeure. Il faut à la fois en relever les signes et en comprendre les causes. Sa responsabilité est triple :
Mais la responsabilité de Nicolas Sarkozy dans le processus de banalisation du Front national a également des causes plus profondes, qui tiennent autant à son absence d'efficacité qu'à son incapacité à dégager un sens.
Nicolas Sarkozy n'a pas tenu les promesses qu'il avait faites aux Français. Il n'est pas le président du pouvoir d'achat – il a préféré consentir des cadeaux fiscaux exorbitants aux Français qui étaient déjà les mieux lotis. Il n'est pas le garant d'une République irréprochable – le terme même fait aujourd'hui sourire douloureusement, tant la liste des manquements à la probité la plus élémentaire est longue.
Il devrait être le président de tous les Français ; il les dresse en réalité les uns contre les autres : les chômeurs contre les salariés, les salariés du privé contre les fonctionnaires, les policiers contre les juges, les Français d'origine étrangère contre les Français de naissance. Cette absence dramatique d'efficacité décrédibilise l'action politique tout entière aux yeux des électeurs – c'est elle qui donne corps à la stigmatisation par Le Pen du système "UMPS", pas le front républicain.
UN PARI DANGEREUX
Surtout, Nicolas Sarkozy a totalement échoué à donner un sens à notre pays. Nul ne peut dire quel est le cap tenu par le président de la République. Cette incertitude aggrave encore l'angoisse qui sourd dans le pays d'un avenir qui semble nous échapper.
Reste à comprendre ce qui est apparemment incompréhensible : pourquoi Nicolas Sarkozy adopte-t-il une stratégie qui conjugue aujourd'hui indignité et inefficacité ?
Sa campagne de 2007 était frappée du sceau de l'ambivalence : il glorifiait d'une part Blum, Jaurès et Guy Môquet, et annonçait d'autre part la création d'un ministère de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale – sa cible de l'époque était les milieux populaires. Nicolas Sarkozy est aujourd'hui sorti de cette ambivalence, parce que sa cible a changé : il vise les électeurs du Front national.
Il est ainsi passé d'une grille de lecture sociologique à une grille de lecture purement politique de la société. Il tente de changer le terrain de l'affrontement politique – du social, il se dirige vers le national. Son pari : arriver malgré tout devant Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle et rendre naturel le report du second tour. Ce pari est risqué : il s'éloigne des préoccupations des Français, qui veulent beaucoup plus entendre parler d'emploi, de pouvoir d'achat ou de santé que de sécurité. Ce pari est dangereux : le risque, c'est de voir monter le Front national plus haut encore.
Il ne faut pas jouer avec une boîte d'allumettes. Surtout dans une pièce bourrée d'explosifs.
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Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès