IMMIGRATION, STIGMATISATION DE L'ISLAM... La droite annonce ses grands thèmes de campagne pour 2012...
SUR LE POST :
INTERVIEW
Thierry Mariani défend le débat sur l'islam : "Les autres religions ne posent pas de problèmes"
Sur Le Post, le secrétaire d'Etat aux Transports explique pourquoi il fait partie des rares partisans de ce débat, qui suscite de nombreuses réserves à droite (voir ses propos
ci-dessous).
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Thierry Mariani, le 7 décembre 2009, à Marseille. | MAXPPP
Le débat sur la laïcité et la place de l'islam, qu'organise l'UMP en avril à la demande de Nicolas Sarkozy, est
condamné unanimement à gauche et n'en finit plus de susciter
des réserves à droite.
Au sujet de ce débat visant à contrer le FN dans l'optique de 2012, François Fillon a jugé lundi sur
RTL que
s'il "devait conduire à stigmatiser les musulmans", il s'y
"opposerait". Outre le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères
Alain Juppé, le Président du Sénat
Gérard
Larcher, celui de l'Assemblée
Bernard Accoyer, l'ex-ministre
Patrick Devedjian ou encore les anciennes
ministres
Rama Yade et
Rachida Dati ont adressé à leur tour une mise en garde sur ce débat, appelant à éviter "la
stigmatisation" des musulmans.
Le centriste Dominique Paillé fait partie des membres de la majorité opposés à ce débat. Dans une interview au
Post, l'ancien porte-parole de l'UMP aujourd'hui secrétaire national du
parti majoritaire,
demande à Nicolas Sarkozy de se
recentrer avant 2012 car selon lui, "il ne sert à rien de courir après les thématiques du FN".
Pour tenter d'éteindre l'incendie qui embrase la majorité, le patron de l'UMP Jean-François Copé assure désormais que ce débat ne porte pas uniquement sur l'islam mais prioritairement sur "le
pacte républicain" et "la laïcité". Ce débat n'a "rien à voir" dans la méthode avec celui sur l'identité nationale, a-t-il assuré mardi, sur
France
Inter.
Pourtant, depuis l'intervention présidentielle sur TF1, le 10 février, lors de laquelle
l'idée de lancer ce débat a été évoquée pour
la première fois, Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ont toujours décidé de débattre principalement de la place de l'islam en France.
À l'UMP, ceux qui sont favorables à ce débat sur l'islam sont minoritaires. Outre Jean-François Copé, deux membres du gouvernement soutiennent également ce débat.
L'ex-ministre de l'Immigration Éric Besson, devenu ministre de l'Industrie,
se réjouit de voir revenir à l'ordre du jour des sujets qui rappellent le débat sur
l'identité nationale. Un débat qu'il avait lancé fin 2009 et abandonné après trois mois de débat et autant de polémiques.
Le secrétaire d'Etat aux Transports et député UMP, Thierry Mariani, est également favorable à la tenue de ce débat. Contacté par Le Post, il
explique pourquoi.
Pourquoi êtes-vous favorable à la tenue de ce débat sur l'islam ?
"Dans les sondages, c'est une question qui monte. Les gens parlent de ce sujet. On ne peut pas faire l'économie d'un débat sur l'islam. C'est une opération nécessaire car il y a un vrai problème
concernant la pratique de cette religion et la question du financement de lieux de culte. Il faut clarifier l'espace dévolu à la laïcité et celui accordé à la pratique de l'islam. La majorité
doit apporter une réponse à ces questions, contrairement à Marine Le Pen qui critique sans apporter de remèdes."
Dans la majorité, beaucoup craignent des dérapages et une stigmatisation des musulmans, comme cela s'est produit lors du débat sur l'identité nationale...
"Le plus important, c'est de bien gérer la sortie de ce débat. J'espère qu'à son issue, il y aura une réaffirmation de la laïcité, qui est nécessaire. Le débat sur l'identité nationale s'était
plutôt bien passé. Le problème, c'est qu'il a donné un goût d'inachevé car
plusieurs mesures annoncées par François Fillon n'ont pas
vraiment été mises en place."
Pourquoi lancer un débat centré uniquement sur l'islam ?
"Pourquoi l'islam ? Cela relève d'une politique de clarté. Les autres religions ne posent pas de problèmes. Ce ne sont pas le catholicisme, le protestantisme ou le judaïsme qui posent des
problèmes..."
Vous estimez donc que l'islam pose des problèmes ?
"L'islam est une nouvelle religion en France. Les pratiquants ont beaucoup augmenté à cause de l'immigration et de la politique de regroupement familial."
Êtes-vous pour une remise en cause de la loi de 1905 ?
"Non, il ne faut pas remettre en cause la loi sur la laïcité. Il faut seulement l'adapter. Je suis par exemple très attaché au principe de non-financement des lieux de culte par l'Etat."
À 15 mois de la présidentielle, qui peut croire que la tenue de ce débat n'a pas un but électoral ?
"Derrière ce débat, la vraie question, c'est : la présidentielle va-t-elle se jouer à droite ou au centre ? Selon moi, elle se jouera au centre mais aussi à droite. Nicolas Sarkozy a de vraies
chances de l'emporter en 2012 en récupérant son socle de 2007."
"Aujourd'hui, il est temps d'aborder le sujet de la place de l'islam dans la société en réussissant la sortie du débat lancé par l'UMP. La coïncidence des événements internationaux -avec les
révolutions arabes- renforce cette préoccupation et cette inquiétude. Si on sort de ce débat avec des règles, du concret, cela sera un succès."