Après la Grèce et l’Italie, la France est sur la sellette. Les marchés ont-ils pris le pouvoir?
Ils sont puissants. Il y a un mélange d’irrationalité et de rationalité dans leur démarche. Mais ce que veulent les investisseurs, c’est placer leur argent dans de bonnes conditions. Or, ils
s’inquiètent sur l’avenir de certains pays européens tout comme sur l’état de santé de l’économie américaine. Leur message est clair : nous devons sortir d’une économie d’endettement.
Dans le cas de l’Italie, les marchés ont fait de la politique. Ils ont eu la tête de Silvio Berlusconi.
Ils ont fait pression sur le jeu démocratique. C’est le troisième gouvernement qui saute à leur initiative pour cause de dette excessive. (...) Nicolas Sarkozy, à l’inverse, est plutôt bien
noté pour le moment. Mais à terme, les citoyens se révolteront contre cette dictature de fait. Notons au passage que la Grèce a nommé Premier ministre un banquier central et que l’Italie
s’apprête à désigner un ancien commissaire européen et homme de Goldman Sachs… (...)
Elle a ouvert le jeu à une très vive compétition financière et monétaire. Il y a indéniablement une bataille d’influence entre le dollar et l’euro. Les États-Unis font tout pour défendre leur
monnaie. Plus on se méfiera de la monnaie unique, plus les investisseurs des pays émergents et du Golfe s’en détourneront. La baisse de l’euro avive aussi la compétition entre banques.
(...)
Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers, juge l'action des agences de notation sur les
gouvernements. En Italie, "ils ont fait pression sur le jeu démocratique", estime-t-il.