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Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !

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Le projet du PS pour l'Ecole

EXTRAIT D'UNE ETUDE DE SERGE GOUDARD (PG) :

Le 28 mai dernier, le Parti socialiste a adopté son projet pour 2012. Une partie est consacrée à la question de l’enseignement et de la recherche, que l’on analysera ici à partir de la version « intégrale » de ce projet.

Précisons que ce projet est bien évidemment plein de promesses vagues destinées à rassurer les militants et les électeurs. Car le PS ne peut oublier que ses militants et électeurs se sont engagés en masse dans les mobilisations contre la politique de Sarkozy, en particulier contre les réformes détruisant l’école, l’université et la recherche. Mais à y regarder de plus près, les objectifs du PS, qui peuvent sembler un moindre mal par rapport à l’actuelle politique de Sarkozy, sont néanmoins souvent dangereux.

La question des postes, question décisive.

On connaît l’ampleur des destructions de postes dans la fonction publique, et en particulier dans l’éducation nationale.

Le PS entend mettre fin à cette politique. Mais pour l’enseignement, il ne promet pas le rétablissement, même partiel, des 60 000 postes supprimés dans l'éducation nationale en 5 ans, alors qu’il annonce un « rattrapage des moyens » pour la justice, et le rétablissement de « 10 000 postes de gendarmes et de policiers de proximité » ( 10 700 postes ayant été supprimés dans les forces de l'ordre depuis 2007 , selon le PS) .

Or, il prévoit en même temps le renforcement de « l’encadrement pédagogique » dans le primaire et dans les premiers cycles universitaires, deux secteurs jugés prioritaires. Il promet aussi de rendre « l’école maternelle obligatoire dès l’âge de trois an » et de faire « en sorte, dès lors que les parents le souhaitent, que tout enfant, à partir de l’âge de deux ans, soit accueilli en école maternelle dans des conditions adaptées ». Cela en complément du développement des crèches sous la forme d’un « véritable service public de la petite enfance ».

Comment donc réaliser tout cela sans commencer par rétablir – au minimum – tous les postes supprimés ?

Des « encadrants » ou des enseignants ?

La méthode consiste à économiser d’un côté pour redistribuer de l’autre. Ainsi, le PS projette « une refonte des rythmes scolaires pour alléger les journées de travail (les plus lourdes d’Europe) et mieux les répartir dans l’année ». Bruno Julliard, chargé de l’éducation au PS, annonce « un allongement de l’année scolaire de deux semaines l’été » (Le Monde de l’éducation 9 mars). Cette réorganisation est inséparable, dans le texte du PS, du renforcement de « l’encadrement » et de « la personnalisation des réponses éducatives avec des pédagogies différenciées ».

On pourra ainsi améliorer l’encadrement dans quelques écoles sans créer un seul poste d’enseignant (réduire de trois heures hebdomadaires la durée de cours en classe complète tout en rajoutant deux semaines de travail permet de dégager 66 heures par poste, sur une base annualisée). Et les plages horaires libérées pourront être utilisées par des intervenants qui ne seront pas des enseignants.

Bruno Julliard annonce, dans Libération du 9 mai, « le gel des suppressions de postes » (ce qui est bien la moindre des choses) et « des recrutements d’urgence, notamment dans les ZEP et à l’école primaire ». Mais tout en affirmant qu’ « il faut augmenter le nombre des encadrants », il précise aussitôt la nature de ces « encadrants »: « Une demi-journée pourrait être assumée (sic) par des intervenants "hors école", collectivités locales, associations… ». On peut donc utiliser des vacataires, des animateurs, des étudiants stagiaires, ou bien recourir au service civique... (...)

Réformer les réformes...

Le Parti socialiste refuse d’abroger les réformes gouvernementales contre lesquelles il y eut d’importantes mobilisations. Il ne veut que les corriger à la marge. Ainsi de la réforme des lycées : « nous évaluerons la réforme imposée par la droite afin de procéder aux adaptations nécessaires ».

Concernant l’enseignement professionnel, ce sera une remise« à plat des formations professionnelles du CAP au bac professionnel, en étroite concertation avec les représentants du monde professionnel et les régions ». Mais « remettre à plat » n’implique pas d’abroger la réforme des bacs pro en trois ans.

Quant à l’école primaire, le PS reprend à son compte les objectifs et le langage du gouvernement Sarkozy : « garantir à tous les élèves l’acquisition d’un socle commun de savoirs et de compétences (lire, écrire, compter, cliquer) », alors même que les notions de « compétences » et de « socle commun » font l’objet de sévères et légitimes critiques.

Il reprend cette notion de compétences pour l’enseignement secondaire, tout en rajoutant la nécessité de « solides bases disciplinaires » pour de « nouveaux programmes annoncés ». Mais rien n’est dit concernant les volumes horaires attribués aux disciplines, qui ne peuvent pas augmenter si on ne rétablit pas les postes supprimés en collèges et lycées. Pire : pour ces nouveaux programmes, il est annoncé des « modules adaptés ». On se souvient qu’il s’agit d’un aspect majeur de la précédente réforme Darcos des lycées, auquel le gouvernement dut finalement renoncer au vu des mobilisations contre notamment ces modules semestriels.

Soumettre l’école aux besoins patronaux

L’un des objectifs du ministère, c’est de disloquer les programmes nationaux, pour mettre en pièce les diplômes nationaux et qualifications pris en compte dans les conventions collectives. Un « diplôme » doit se réduise à une énumération de compétences individuelles enregistrées sur ce nouveau livret de travail qui s’appelle livret personnel de compétence. Cela passe par la promotion de la pédagogie dite « individualisée », et des projets pédagogiques différents selon les établissements. Le PS préserve cette politique : « nous engagerons la personnalisation des réponses éducatives avec des pédagogies différenciées ».

Certes, il observe que « l’école publique se fragmente de plus en plus ». Mais il n’en propose pas moins de confier aux équipes pédagogiques «une part de la dotation en heures d’enseignement ». Selon les quartiers, on aura donc des parcours et des niveaux différents.

Parfois, le rapport avance masqué. Ainsi écrit-il : « Nous améliorerons la transition à l’entrée en sixième, aujourd’hui traumatisante (sic) car trop brutale ». Mais comment ? On rappellera que le rapport parlementaire d’avril 2010, défendu par l’UMP Grosperrin, demande la bivalence des enseignants de collège, source d’importantes économies, et prévoit que les enseignants de sixième iraient enseigner quelques heures en CM2 tandis que les enseignants du primaire assureraient des cours en sixième. Craignant un tollé, le PS choisit de ne rien dire… (...)

« Revaloriser » le métier d’enseignant ?

Le PS dit vouloir revaloriser le métier d’enseignant. Mais il ne propose ni d’améliorer les conditions de travail en procédant à des recrutements massifs, ni de rattraper la perte de leur pouvoir d’achat.

Bruno Julliard (Libération du 9 mai) précise les choses. Il faut « revaloriser leur métier, y compris en termes de salaire. Mais avec des contreparties : redéfinition de leurs missions, plus de suivi individualisé et de lien avec les familles. Les « contreparties », c’est l’équivalent du « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy.

Quant à la formation initiale des enseignants, qui mobilisa étudiants et enseignants, c’est le flou complet. On promet simplement de « rétablir une véritable formation initiale ». Car chacun sait les désaccords qui opposent les directions syndicales sur cette question, y compris au sein de la FSU. Le projet annonce donc « une large concertation avec les enseignants et l’ensemble de la communauté éducative afin d’élaborer une réforme » qui devra être prête pour la rentrée scolaire 2013.

Désagréger les statuts

Pour les enseignants en activité, la formation continue « deviendra obligatoire, et sera valorisée dans les carrières ». Cette formation se tiendra-t-elle durant l’année ou pendant les vacances ? Son contenu de sera-t-il défini par le Recteur ou par le chef d’établissement ? Comment, cette formation obligatoire sera t elle validée, et valorisée ? Cela n’est pas dit. Mais cela tendra à dévaloriser les diplômes et concours nationaux, sur lesquels sont fondés les statuts des enseignants. Ce dispositif, qui n’a rien à voir avec une formation choisie, fondée sur le volontariat, payée par l’employeur sur le temps de travail, ouvre la voie à la dislocation des statuts.

Un autre biais permettra d’avancer vers la destruction des statuts. Pour les établissements réputés difficiles dans les « quartiers populaires », les professeurs seront recrutés en dehors du mouvement national et académique : « des contrats professionnels seront élaborés, intégrant temps de travail en équipes, avancements de carrières, primes salariales afin que des enseignants expérimentés exercent dans ces établissements »» (page 24) Mais un « contrat professionnel », c’est la stricte négation du statut de fonctionnaire. Et ce dispositif n’est qu’une variante des établissements CLAIR actuels, avec recrutement sur profil.

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