Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !
Cette semaine, les médias mettent le Front national à l'honneur : il aurait compris la souffrance des catégories populaires, il aurait fait une percée étonnante en milieu rural, les candidats au second tour ne chercheraient qu'à séduire leurs électeurs, et en fin de compte le FN aurait dans ses mains le sort du pays et déciderait du second tour de la présidentielle...
A côté de cela, le résultat de J-L Mélenchon et du Front de Gauche (11,11 %, excusez du peu) serait un échec. Rien non plus sur Bayrou, qui a obtenu tout de même 9 % (et vu la campagne de Sarkozy, sans doute peu d'électeurs de Bayrou se reporteront sur lui). Décidément, les médias dominants auront tout fait pour valoriser Le Pen, et pour minimiser le travail accompli par J-L Mélenchon et tous les militants et sympathisants du FDG durant cette campagne.
Il s'agit de rétablir quelques vérités, non pas dans les médias, c'est peine perdue, mais dans notre entourage et sur le terrain militant. Le score de Le Pen père en 2002 a été de 16,9 %
(4,8 M de voix) - sans compter les 2,3 % de Megret - ; celui de Le Pen fille en 2012 est de 17,9 % (6,3 M voix), soient 1 500 000 voix de plus, alors qu'entretemps le nombre d'inscrits a
augmenté de 5 millions. C'est triste, bien sûr, mais on est loin d'un raz-de-marée bleu marine.
En outre, la percée du FN dans la "France profonde" est certes notable, mais on peut aussi examiner la France des grandes villes et des quartiers populaires, qui concentrent la plus grande partie
de la population. A Lyon, Lille, Rouen, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Clermont-Ferrand, Montpellier, Chambéry, Grenoble, Besançon, entre autres, Mélenchon a largement battu Le Pen.
Dans les quartiers populaires du Rhône, par exemple, l'évolution entre la présidentielle 2002 (Le Pen+Mégret), les cantonales de 2011 (première élection
dirigée par Marine Le Pen) et le premier tour de la présidentielle 2012 est spectaculaire :
Vaulx-en-Velin : FDG 19% (20% en 2011), FN 14% (22% en 2011 - 24,5% en 2002)
Villeurbanne : FDG 13% (7% en 2011), FN 13,4% (21,7% en 2011 - 21,7% en 2002)
Lyon 8e arrond. : FDG 12% (6,5% en 2011), FN 14,4% (21% en 2011 - 22,8% en 2002)
Lyon Croix-Rousse (4e arrond.) : FDG 14% (7% en 2011), FN 7,6% (11% en 2011 - 13,6% en 2002)
Oullins : FDG 13% (7,4% en 2011), FN 15% (18% en 2011 - 20,7% en 2002)
Ces villes ou ces quartiers ont des collectifs Front de Gauche très actifs, où les militants et sympathisants du PCF, du PG et des autres composantes du FDG mènent ensemble un
travail à long terme, et ont convaincu de nombreux électeurs des catégories populaires. Sans le FDG, le résultat total du FN aurait sans doute été supérieur.
Le FDG existe depuis trois ans, il n'est donc pas encore présent sur tout le territoire. Le FN quant à lui n'a pas besoin de faire campagne pour récolter les fruits du mensonge et de la haine, et
nous l'avons d'ailleurs vu extraordinairement absent sur le terrain durant la campagne. Cependant, le FDG progresse à chaque scrutin, et là où il est bien implanté, le FN est stoppé, et
souvent même il recule.
Les médias se gardent bien d'en parler, fascinés depuis un an, mais en fait depuis toujours, par le FN, le "diable de confort du système" comme dit J-L Mélenchon, mis en valeur à la fois directement par l'UMP (qui a organisé une promotion de ses idées sans précédent), et indirectement par le PS (qui peut ainsi faire peur aux électeurs de gauche et les pousser vers le "vote utile").
Le choix de la "place de Stalingrad" pour les meetings de lancement et de fin de campagne n'est pas seulement nostalgique, il symbolise une réalité : face à la montée du néofascisme partout en Europe, le Front de Gauche français représente un véritable front, la dernière ligne, la vraie résistance. La victoire n'a pas été immédiate, mais le combat ne fait que commencer, nous pouvons en être fiers et nous le gagnerons !
Eric Barbot