Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !
UNE BELLE TRIBUNE SUR "AGORAVOX" :
Henin-Beaumont. Tel est le lieu de la bataille.
Oui, pour être député, il aurait pu se contenter d’être « parachuté ». (...) Pas le genre de Mélenchon.
Mélenchon, à Henin-Beaumont, s’engage non pas dans un petit duel d’ego, une petite rixe régionale où il veut se venger d’un scrutin qui a été plus favorable à elle qu’à lui. Non. Il se lance dans la mère des batailles, l’indispensable combat qui l’oppose non seulement au FN mais aussi à l’UMP, qui la courtise, mais aussi au PS, qui a accepté des représentants qui rendent des comptes à la justice. (...)
Mais la meilleure façon d’expliquer cette décision est de donner la parole à Jean-Luc Mélenchon.
Comme toujours, dans ce qu’il écrit, l’énergie de la passion et la justesse de l’analyse garantissent la qualité de la forme et du fond :
Vient la question du Front National.
Elle est évoquée à propos de plusieurs des circonscriptions concernées par notre tour d’horizon. Elle est traitée dans les commentaires de ce blog parfois pour regretter que je donne l’impression d’une « fixation » sur le sujet !
On croit rêver !
C’est l’argument de la Le Pen elle-même !
Quoi ? L’extrême-droite est en progrès partout en Europe et la bonne réponse au problème posé serait de parler d’autres choses, et si possible ailleurs que là où la bête veut faire son nid ! Et ce serait ainsi qu’on ménagerait « l’autorité » des porte-paroles de notre cause ? Quand on n’ajoute pas en plus cette injonction que je ne dois pas être battu !
Les chefs dans les circonscriptions gagnées d’avance, ce n’est pas notre culture. Je suis allé mener combat avec les camarades du grand sud-ouest dans une circonscription européenne où nous n’avions pas d’élu. Si j’avais été battu c’est tout le pari du Front de Gauche naissant qui était atteint. Mais nous l’avons fait. Parce que nous faisons du suffrage universel l’arbitre de nos luttes et de nos choix. La planque et les « pousse-toi de là que je m’y mette » sur le mode de barons socialistes nous paralyseraient. Se ménager, ce n’est pas du tout notre façon d’aborder les problèmes qui s’annoncent. Pas du tout ! Et surtout pas la mienne.
Il n’y a pas d’un côté la lutte contre le Front National et de l’autre la bataille pour le partage des richesses, la protection des travailleurs et la 6ème république. C’est la même affaire ! (...) L’extrême-droite est en train de fournir les thèmes qui restructurent idéologiquement la droite. Elle n’est donc pas à la marge de la bataille !
La lutte contre le capitalisme et la lutte pour la représentation politique de cette lutte sont une seule et même chose.
Cette stratégie me paraît admirable pour plusieurs raisons.
La première, les joueurs d’échec la comprennent : c’est en son point fort qu’il faut menacer l’adversaire. Or attaquer le FN et sa plus médiatique représentante, c’est dénoncer et vaincre un mode de pensée fasciste qui se banalise. (...)
La seconde c’est que, se faisant, il court-circuite tous les medias qui lui auraient laissé la part congrue, donnant la vedette à la si gentille blondinette de service. Là, parlant d’elle, ils ne pourront parler que de lui. Très jouissif de les voir ainsi piégés. Nous n’avons pas fini d’en entendre parler et sur toutes les chaînes ! (...)
La troisième c’est de mettre en lumière les dérives du PS. (...) Une autre partie commence. Hollande n’est plus un concurrent. S’il s’éloigne de la droite-ligne de la morale de gauche, il est un adversaire. Henin-Beaumont, avec Marseille, est un des hauts-lieux de la pourriture dénoncée du parti.
La quatrième, c’est le risque pris. Car même si une étude rapide le donne favori dans cette région, il y a tout de même un risque de perdre. Sur ce risque il s’est expliqué. Il ne le craint pas. Et ce choix lui donne une stature qui dépasse une vie politique mesquine. Seul celui qui ne craint pas la défaite mérite la victoire.
Aurait-on encore des doutes sur l’excellence de cette décision, il suffirait de lire l’édito de « Libération » avec ses éternelles photos le représentant comme un monstre, terminant sur les propos gracieux de Mme Le Pen ou, plus encore, d’écouter Barbier qui regrette que Mélenchon s’attaque au FN négligeant le social ! (...)
L’héroïsme, ce mode de pensée dont nous sommes si éloignés, ne craint ni la défaite, ni les reproches. Il est un acte solitaire dont dépendent de multiples destinées. Il a ce côté brillant, étonnant, unique qui invente une histoire que l’on se racontera ensuite.
Qui aurait pris cette décision dans ce monde pourrissant où les idées du FN commencent à paraître acceptables ? (...)
L’ignorance des peuples est bien la cause première de leur défaite. Et ceux qui ne comprennent pas les dangers qui approchent comment pourraient-ils s’en protéger ?
IL faut encore apprendre, expliquer et recommencer cette admirable leçon d’éducation citoyenne qui a été le fonds de la campagne présidentielle. Brillante campagne du Front de Gauche qui a réveillé le goût de l’action et de la justice. Le goût du combat et du don de soi.
Qu’aurait-il fallu faire ? La laisser gagner et parader à l’Assemblée Nationale ? (...)
Passer deux ou trois fois sur quelque chaîne secondaire quand elle aurait eu tous les hommages d’une presse qui a intérêt à lui donner du poids ?
Baisser la tête ? Accepter l’extrême-droite comme une fatalité de ce temps ?
Non. (...)
Jean-Luc Mélenchon, nous sommes honorés de votre décision. Elle nous met non pas, au front, le rouge de la honte mais, aux joues, le rouge du courage quand on s’élance sans rien craindre sur le champ de bataille.
Sabre au clair, général Mélenchon !