Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !
TRIBUNE D'ELUS P.G. PARUE DANS "L'HUMANITE" :
Les tout petits, un enjeu majeur.
Quand la petite enfance est attaquée, c’est l’avenir de la société qui est hypothéqué.
Que reste-t-il des politiques de la petite enfance qui ont permis à la France d’avoir le taux de natalité le plus élevé de l’UE ? Qu’est devenue la volonté
d’offrir aux parents des solutions de garde variées et accessibles (crèches collectives et familiales, assistantes maternelles…) ? Où sont passées les politiques émancipatrices garantissant aux
femmes un véritable choix, celui du travail, celui de l’indépendance financière ?
Les politiques libérales sont passées par là. Avec la Révision Générale des Politiques Publiques et le gel des dotations aux collectivités territoriales l’Etat a signé son
désengagement financier. Il s’accompagne de l’ouverture du secteur de la petite enfance aux appétits du marché privé avec le développement des délégations de service public et des subventions aux
crèches d’entreprises. Nous connaissons les mots d’ordre de cette marchandisation : profit, rentabilité, retour sur investissement ! Ce sont les mêmes qui résonnent dans les couloirs des
hôpitaux, aux guichets des postes, sur les quais des gares. Ce sont eux qui réduisent l’humain à des chiffres, des ratios, des pourcentages : taux minimal de personnel qualifié rabaissé à 40%,
taux maximal d’occupation des crèches majoré à 120%, taux d’encadrement jusqu’à 12 enfants par professionnel dans les jardins d’éveil, assistantes maternelles autorisées à prendre en charge 4
enfants au lieu de 3.
Le gouvernement prétend améliorer le service à la population mais les dispositions législatives qu’il adopte conduisent à une détérioration sévère de la qualité d’accueil des enfants et des
conditions de travail du personnel. Le décret Morano publié en juin 2010 est symptomatique de ce double nivellement par le bas : l’objectif quantitatif de création de places passe avant la
professionnalisation du secteur et les soins aux enfants.
Toute la population est concernée mais ce sont les plus précaires qui paient d’abord les pots cassés. Ceux qui n’ont que le service public comme seul bien en sont privés
cyniquement car « il faut faire des économies » comme les femmes, avec 40% des congés parentaux subis faute d’une solution de garde adaptée, et les familles pauvres, parfois monoparentales, qui
ne peuvent pas se permettre de payer une assistante maternelle. Les réponses du gouvernement face à la pénurie ne sont décidément pas à la hauteur de l’enjeu. Non seulement, les 100 000 places en
« accueil collectif » promises par M. Sarkozy n’ont jamais vu le jour mais cette promesse fait pâle figure devant l’immensité des besoins : on estime qu’il faudrait entre 400 et 500 000
places supplémentaires et environ 10 000 professionnels formés sur 3 ans pour rattraper la demande. Mépris pour les enfants, mépris pour les parents, mépris pour les
professionnels. Ça suffit comme ça !
Pour résister aux projets du gouvernement des municipalités s’engagent à maintenir un taux de personnel qualifié de 100%, d’autres limitent les inscriptions en surnombre dans les établissements
publics. Les personnels de la petite enfance sont aussi largement mobilisés depuis plusieurs mois, notamment avec le collectif « Pas de bébés à la consigne », qui fait un travail d’analyse et de
propositions remarquable à destination des parents et des pouvoirs publics.
Notre objectif est la mise en oeuvre d’un service public de la petite enfance au service de l’intérêt général, pas des taux de rentabilité ! Il intégrera dans
leur diversité tous les modes de garde : crèche collective, multi accueil, crèche familiale, assistantes maternelles en RAM afin de garantir la pluralité de choix pour les parents et un statut
commun pour les professionnels. Il assurera une formation initiale et continue de qualité afin que le personnel dispose d’un niveau de qualification élevé et de connaissances approfondies en
puériculture, psychologie et pédagogie. Il garantira au travers d’une approche pluridisciplinaire la qualité d’accueil sans laquelle l’enfant ne peut s’éveiller au monde et se
construire dans la confiance et l’estime de soi. L’entassement, tel des sardines, avec du personnel en souffrance de qualification est un grave renoncement !
Le débat sur la petite enfance doit marquer l’échéance électorale de 2012 : parents, professionnels, élus, exigeons de ceux qui se présentent devant le suffrage universel qu’ils se positionnent
sur le traitement réservé au devenir de notre société, à nos enfants !
Signataires :
M. Dominique Lo Faro, Conseiller municipal délégué à la Petite Enfance de Chevilly-Larue (94)
Mme. Thérèse Herluc, Adjointe au Maire déléguée à la Petite Enfance Viry Chatillon (91)
Mme. Jeannick Le Lagadec, Conseillère Municipale déléguée à la Petite Enfance de
Champigny-sur-Marne (94)