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Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !

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L'austérité, une atteinte à la condition des femmes. La situation du Portugal

Dans le cadre de la tournée des féministes européennes sur le thème "Dette illégitime, austérité, crash social et féminisme", à Villeurbanne lundi 5 novembre, trois femmes sont intervenues Sonia Mitralias de Grèce, Sylvianne Dahan d'Espagne et Magda Alves du Portugal.

Cet article rend compte de l'intervention de cette dernière. Deux autres articles seront bientôt écrits sur la situation de la Grèce et de l'Espagne suivant la même méthode : un compte rendu des interventions auquel seront ajoutées des informations pour compléter ou étayer les arguments développés lors de la conférence.

    Magda Alves, militante de l’organisation féministe portugaise Umar. Photo D.R.

Magda Alves commence avec un rappel historique :

 

Le Portugal est un petit pays avec 10Millions d'habitant-e-s. Une des plus longues dictatures d’Europe (48 ans) avec comme mot d'ordre ''famille travail patrie''.

En 1974 révolution des œillets. Grande partie de la population est alors analphabète, il n'y a pas d’éducation publique. A la suite de cette révolution le pays commence la construction des bases pour un pays démocratique (droits de l'homme, école publique...). Le Portugal a eu une première fois l'intervention du FMI pour rentrer dans l’Europe. L'union européenne a beaucoup aidé le Portugal dans de nombreux domaines mais l'a desservi dans d'autres car l'Union européenne a forcé le pays à se spécialiser dans certains secteurs économiques et d'en abandonner d'autres. Le résultat a été la destruction du secteur productif. Ce qui fait que le Portugal est maintenant plus fragile que la Grèce, car s'il sort de l'euro, le Portugal sera plus que jamais dépendant de l’extérieur. Sortie de l'euro qui n'est malgré tout plus un sujet tabou, notamment dans les partis de gauches. Car le prix à payer (à travers des demandes de mesures économiques dévastatrices de la troïka) pour rester dans la zone euro est trop élevé.

 

Un Etat social fragile

 

Beaucoup de progrès après 1974, mais déjà avant la crise, l'Etat social portugais était beaucoup plus fragile qu'en France. Travailleurs peu qualifiés et des familles endettées (un endettement poussé par les banques). Elles ont prêté a un taux très bas, cela coûtait moins cher avant la crise d'acheter que de louer. Les banques après la crise sont revenues en arrière. Il y a eu de nombreuses expulsions, même si la situation n'atteint pas les proportions des expulsions qu'on trouve en Espagne. Suite à la crise de la finance, l'UE préconisa de sauver les banques et laisser l'UE et le FMI sauver les Etats. La dette publique a fortement augmenté, notamment a cause de contrats très préjudiciables, défavorables au public (ce qui a été prouvé), avec des partenariats public-privé. Le parti socialiste au pouvoir pendant la crise a commencé les mesures d’austérité. Il y eu une grosse manifestation en mars 2011 s'intitulant ''jeunesse en galère'', 200 000 personnes dans la rue. ''C'est déjà une grosse manif' pour le Portugal !''M.A.

Ensuite aux élections, la droite très libérale arrive au pouvoir et Troika (BCE + FMI) rentre au gouvernement. Dans l'espace d'un an et demi, c'est mesure sur mesure. Il est devenu très facile de licencier quelqu'un au Portugal. Le pouvoir d'achat aujourd'hui est très bas. La plupart des produits sont aussi chers qu'en France, alors que le salaire minimum est à nouveau baissé. Ils ont coupé les salaires du public qui sont passés de 13-14 à 12 mois. Il faut savoir que dans un pays qui a un salaire moyen à 800 euros le 13eme et 14eme mois étaient les salaires qui permettaient aux ménages de faire plus que survivre.

 

Quelques chiffres

 

Avant la Crise

2008

Pendant la Crise

2010

Avec la Troïka

2012

Chômage

10 %

12%

16 % (soit 1 200 000)

SMIC

497€*

480€

450

TVA

21%

/

23%

Salaire moyen

800

/

600

Frais d’universités

450

/

500

Dette publique (en% du PIB)

70 %

97 %

112 % (la moyenne UE 27 est de 82% en 2012)

A cela se rajoutent 2 millions de précaires.

*En parité de pouvoir d’achat le salaire minimum portugais (en 2008) était déjà inférieur a celui de l’Espagne, de la Grèce et de la Slovénie par exemple.

 

Des femmes qui en payent le prix fort

On voit partout que les mesures d'austérité atteignent plus particulièrement celles-ci. Avant la crise il y avait déjà des inégalités, une retraitée percevait en moyenne 40 % de moins qu'un homme (304 ) Le gouvernement de droite ultralibéral sous l’égide de la troïka coupe dans aides sociales. Et la casse des services publics signifie retour des femmes au foyer. L'IVG après 2 référendum, reste intouchable, en revanche il sera bientôt taxé. Beaucoup de médecins refusent de le pratiquer et il faut pour les femmes parfois faire des kilomètres pour trouver un médecin acceptant de le faire.

Par ailleurs, l'IVG est un dégât collatéral des mesures d'austérités, comme à Lyon (voir l’interview de Najia Dridi par l'équipe de notre blog). Ces mesures sont doublées d'un discours très conservateur du nouveau gouvernement. Une des bases du capitalisme est la division sexuelle du travail, ça arrange le capital qu'il y ai une réserve de travail (Mécanisme théorisé par Marx). Toutes ces politiques d’austérité accentuent cette division sexuelle du travail. Quand on détruit les services publics et diminue les aides sociales, cela implique que les femmes retournent au foyer. Valeurs conservatrices remises en avant avec ces rôles traditionnels et passéistes.

 

Le plan de la troïka est de précariser tout ce qui est relation de travail.

''Il vont bien nous défoncer et quand on aura touché le fond on ne sera plus en position de négocier, et nous accepterons tout.'' M.A.

Ils se sont même attaqué au personnel de santé. Et les médecins ont fait grève, ce qui est un exploit (car très rare) au Portugal. Car on a proposé au personnel de santé de passer à 3,96euro de l'heure par l'intermédiaire d'agences intérim.

Les mouvements sociaux sont fragiles, il y a eu de belles mobilisation comme en septembre avec 1 million de personnes dans les rues. Mais persistent des relations conflictuelles entre les syndicats, par exemple juste la CGTP appelle à la manifestation de demain 14 novembre.

On voit au Portugal des privatisation à grande échelle. Une baisse des salaires des travailleurs qualifiés : un ingénieur portugais doit maintenant se contenter de 750euros mensuel pour avoir le 'privilège' de signer un CDI.

Magda Alves finit sont intervention sur ces mots :

''Jamais la France ne sera dans une situation identique à celle du Portugal mais ce qui attend tout les pays d’Europe c'est ce chemin d’austérité. Tout seul il n'y a pas de solution. Les manif' de Grèce et Espagne sont beaucoup plus fortes qu'au Portugal. On en est à 20 grèves générales en Grèce, pourtant elle est dans une sale situation. Je ne dit pas ça pour démobiliser mais pour dire qu'il faut une mobilisation a l’échelle européenne.''

 

A ces mots j'ai envie de rajouter ''précaires de tout les pays, unissez vous !''

Et rendez-vous mercredi 14 novembre a 11h place Jean Macé.

Place au peuple !

 

 

Et pour rappeler que le combat du féminisme a été depuis la création du Parti de gauche une lutte centrale, voici une vidéo de 2009 sortie de derrière les fagots.

Par Matthias & l'équipe du Blog

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