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le
3 Octobre 2011
La vague antisexiste des « slutwalk », ou « marche des salopes », venue deToronto, a déferlé sur la France samedi. Une bouffée d’air.
«La honte doit changer de camp ! » scandaient samedi les manifestantes de la Slutwalk made in France, sous un chœur de ballons rouges. À Paris, Lille, Strasbourg, Lyon et Marseille, elles étaient peu nombreuses mais pas frileuses, la tenue minimaliste étant de rigueur pour faire passer le message : « Ne dites pas aux femmes comment s’habiller, dites aux violeurs de ne pas violer. » Pragmatique, efficace. « On est des femmes, on a des seins et des fesses, et on n’a pas de raison de les cacher », résume une jeune manifestante en marge du cortège parisien.
« L’affaire DSK a été un révélateur sur la misogynie de notre société, mais la Slutwalk est née en dehors de cette affaire », cadre d’emblée Gaëlle Hym, initiatrice de cette marche nationale. Lasses d’être mises en doute en cas de viol, ce sont en effet les Canadiennes qui ont lancé le mouvement, le 3 avril dernier, en réaction spontanée « aux propos sexistes » d’un policier qui, lors d’une réunion de prévention sur un campus, a conseillé aux femmes de ne pas s’habiller comme des salopes si elles ne tenaient pas à se faire violer.
Minijupes et décolletés pigeonnants en guise de pancartes, des marcheuses de tous pays se sont, depuis, approprié le concept pour protester « contre le sexisme » et « la culpabilisation des victimes d’agressions sexuelles ». De Melbourne à Rio en passant par New Delhi, on assiste à l’émergence d’une sorte d’internationale des salopes, dont les revendications épousent les formes de la zone d’implantation. Chez les « petites françaises », on évoque ainsi les promesses non tenues : meilleure prise en charge des délinquants sexuels, généralisation des observatoires des violences faites aux femmes, des téléphones d’urgence… Tout ce qui permettrait d’éviter les 137 viols quotidiens.