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Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !

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Des mangas internationalistes : l'exemple de Chinmoku no kantai

        Je suis étudiant en civilisation chinoise à Lyon 3 mais je vais vous parler du Japon. Étudier la Chine nécessite de nous intéresser aux autres pays asiatiques, nous avons entre autres des cours qui nous font découvrir des aspects de la culture moderne du Japon, pays le plus riche de la région d’extrême orient (en PIB/hab). Dans ce cours nous avons bien sur parlé de ce qui depuis les années 1950 fait partie intégrante de la culture populaire de ce pays : les mangas.

 

      En effet, le manga n'est pas perçu de la même façon en France et au Japon. Ici les mangas sont à destination des enfants et des jeunes, destiné donc plus ou moins au même public que la bande dessinée. Mais au Japon le manga prend des proportions assez exceptionnelles (par exemple le premier ministre actuel met en avant le fait qu'il aime lire des manga), ce sont tous des récits romancés mais certains d’entre eux abordent des thèmes qui font débat dans le pays. Il arrive que ceux-ci soient placés dans le rayon 'essais politiques' des librairies ou même cités lors de débats dans la chambre des députés. Ce fut le cas de celui dont je vais vous parler.

 

kawaguchi-kaiji232.jpg      Cette série commence en 1988 et s’étale sur 8 ans. Son auteur, Kawagushi kaiji, a comme sujet de prédilection la politique. Il écrit sont premier mangas à l'âge de 21 ans ayant pour thème la relation nippo-américaine, il en publie un autre ensuite relatant l'histoire d'un coup d’Etat. Sa dernière série de mangas, Zipang, a prit fin en 2009.

 

      Ses mangas comme beaucoup d'autres, ont des histoires qui peuvent être vite résumées et peuvent paraître un peu farfelues et parfois simplistes au premier abord. Mais ce qui devient intéressant c'est le questionnement des personnages, parfois sur des thèmes philosophiques ou politiques, mais avec Kawagushi c'est toujours sur des points chaud de la société japonaise. Par exemple l'histoire de Zipang : Dans le futur un bateau ultramoderne de l’armée japonaise se retrouve inexplicablement dans le passé, en 1942, en pleine guerre du pacifique. Et le dilemme de l’équipage, faut-il changer le cours de l'histoire ? Empêcher Hiroshima et Nagasaki, et défendre le Japon qui durant la seconde guerre mondiale colonise une grande partie de l’Asie et commet de nombreuses atrocités ? L'histoire est largement pompée sur un film américain sorti dans les années 1980 mais c'est un sujet beaucoup plus brûlant pour un Japon n'a jamais reconnu ses crimes de guerres, comme le massacre de Nankin et "les femmes de réconfort" issues des territoires conquis. Il faut par ailleurs savoir que la seconde guerre mondiale est un sujet peu abordé à l’école, dû aux programmes scolaires qui font que ce sujet soit toujours placé en fin d’année, et les professeurs n’ont bien souvent pas le temps de l'aborder.

 

Chinmoku-no-kantai-01-kodansha.jpg      Mais revenons à Chinmoku no Kantai. L'histoire se déroule au milieu de la guerre froide et commence avec la collision entre un sous marin russe et japonais, accident provoqué volontairement par le Japon dans le but de faire croire à la disparition de l’équipage. Équipage qui va servir à l’élaboration d'une mission secrète d'initiative du Japon et des États-unis censée mettre un terme à la guerre froide. L’équipage japonais est mis a bord d'un sous marin nucléaire américain géant. La mission est lancée mais, une fois en plein milieu du pacifique, l’équipage refuse d’obéir au ordres. Le capitaine change le nom du sous marin, le nomme Yamato et déclare son indépendance au titre d’État libre et indivisible. Et se sert de la dissuasion nucléaire pour faire valoir son existence.

 

      En ressort dés les premiers tomes une critique forte des États unis, (c'est sur ce seul point où se rejoignent d'ailleurs les nationalistes et les pacifistes japonais) mais également une critique envers le positionnement du gouvernement japonais sans cesse en position de dépendance et de vassalité envers les États-unis. Il faut rappeler que ce manga paraît en même temps que la première guerre du Golfe. Le Japon est en pleine réflexion sur son rapport avec les USA. La classe politique se divise sur la question du soutien ou non à l'effort de guerre. Le thème de la dépendance envers l’Amérique est donc un point central du récit et de nombreux thèmes de la droite japonaise sont abordés, comme le réarmement du Japon ou la critique de la mollesse du Japon face a ses voisins. Et c'est par un député conservateur que l’œuvre a été citée à la chambre des députés. Il va conseiller à l'opposition de le lire. Capture-du-2012-12-09-15-44-08.png

 

      Mais dans la deuxième partie, l'histoire prend un tournant inattendu et redonne à Kawaguchi son image d'auteur de gauche. Le but du sous-marin-état Yamato est annihiler les guerres et même faire disparaître les frontières entre les états. Il développe des concepts politique comme la séparation entre le politique et le militaire, la création d'une armée transnationale ou l'élaboration d'une démocratie mondiale par le biais de référendums mondiaux. Il fait ainsi cheminer ses personnages nationalistes belliqueux au départ vers l’internationalisme et le pacifisme. Invite de cette manière ci le lecteur à évoluer avec l’équipage.

 

      J'ai trouvé bon de montrer un exemple de japonais connu tranchant avec le cliché du japonais nationaliste tel qu'on le voit depuis l'occident. Cliché néanmoins fondé, pour exemple parmi les 12 partis présentés aux dernières législatives, 8 étaient des partis conservateurs. Par ailleurs la critique d'institutions japonaises comme celle de l'empereur AkiHito est rare. De plus les tensions territoriales récurrentes avec la Chine, la Russie ou la Corée ravivent sans cesse le courant nationaliste. Il faut aussi rappeler que le nationalisme est propre au pays asiatique du fait du contexte géopolitique. Pratiquement tout les pays d’Extrême orient et d’Asie du Sud-Est connaissent des contentieux territoriaux avec leurs voisins au sujet d’îles, de régions ou d'espaces maritimes. Par dessus se rajoutent les vieilles rancœurs et la page toujours pas tournée de la seconde guerre mondiale pour la Chine, la Corée et Taïwan. Cela me conforte dans l’idée qu'il faut améliorer notre union européenne afin de ne pas risquer de retomber dans une situation d'une Europe ou le voisin est craint ou méprisé. Ce que l'on peut observer dans la relation Allemagne-Grèce ou la violence symbolique infligée à cette dernière donne un mauvais présage. Mais ici comme en Asie, les choses sont en train de bouger car avec le capitalisme est arrivé à un tel stade où il paraît de plus en plus clair que changer de modèle est une nécessité.

 

 

      Je tiens la plupart de mes sources de la thèse de Mr Bouvard : Politique du Manga. Histoire des relations entre un médium populaire et le pouvoir dans le Japon contemporain des années 1960 à nos jours.

Matthias Guiguet

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G
J'ai vu l'intégralité de l'adaptation animé de Zipang, et lu quelques tomes de la suite mais je n'en connais pas encore la fin.<br /> Néanmoins je ne connaissais pas cette première œuvre de l'auteur, merci pour cet article.
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