Ecologiste, Socialiste, Républicain: le Parti de Gauche se veut le pivot de la reconquête du pouvoir par la gauche véritable, unie dans le Front de Gauche. EN MARCHE VERS LA REVOLUTION CITOYENNE ET LA 6E REPUBLIQUE !
INTERVIEW DE PATRICK BRAOUEZEC, député de Seine-St-Denis, qui a quitté le PCF l'an dernier, pour rejoindre les Communistes Unitaires et la FASE :
DANS LA REVUE "REGARDS"
Regards.fr : Cela fait tout juste un an que vous avez quitté le PCF. Quel bilan en faites-vous ?
Patrick Braouezec : C’est vrai que ce départ n’était pas un acte anodin. J’y ai passé trente-sept ans de ma vie, avec beaucoup de joies et de satisfactions, mais aussi de regrets et d’échecs. Un an après, je peux dire que je n’ai aucune amertume ni esprit de revanche. Mais j’en ai tiré des conclusions. Je ne crois plus en cette forme d’organisation. Le parti politique fonctionne verticalement or il faut justement inventer des fonctionnements plus transversaux et participatifs. Ce n’est pas simple. D’autres s’y sont essayés et se sont cassé les dents, comme Attac. Aujourd’hui, avec les Communistes unitaires et la Fase (Fédération pour une alternative sociale et écologique, ndlr), les deux espaces que j’ai rejoint après mon départ du PCF, on tente de construire différemment. On ne veut pas d’un pouvoir central qui impose sa ligne de conduite à des militants dit de base.
Regards.fr : Quel bilan politique tirez-vous de l’expérience des Communistes unitaires et de la Fase ?
Patrick Braouezec : (...) Notre but n’est pas de tourner le dos aux organisations existantes mais de montrer que le rassemblement ne peut pas se faire autour d’elles mais avec elles. La diversité est source de conflit, on a eu l’occasion de s’en rendre compte, mais aussi d’enrichissements et de dynamiques nouvelles. Même si ça bouscule les pratiques et les certitudes des partis, il faut accepter la remise en question.
Regards.fr : Mais n’est-ce pas ce que font le PCF et le Parti de gauche en entrant ensemble dans la dynamique du Front de gauche ?
Patrick Braouezec : Ils ont fait une avancée. Mais il s’agit encore d’un cartel d’organisations. Le PCF rejetait il y a encore peu de temps la participation de forces politiques moins structurées, moins organisées, sauf à ce que ces structures se rallient purement et simplement. S’agit-il, pour des structures comme la Fase ou les Communistes unitaires, de se rallier au Front de gauche ou d’avoir accès à un front de gauche élargi, qui évolue avec la diversité qu’il accueille en son sein ? Cela soulève des questions aussi centrales que la distribution des responsabilités et du pouvoir, de l’appropriation par le plus grand nombre d’une campagne ou encore de la transversalité. En d’autres termes, on veut être traité à égalité, comme des partenaires et non comme une force d’appoint.
Regards.fr : Vous allez faire quoi pour l’élection présidentielle ?
Patrick Braouezec : Difficile à dire aujourd’hui. La candidature de Jean-Luc Mélenchon est peut-être porteuse mais il ne faut pas qu’elle confisque le débat et la diversité. Ça ne dépend pas seulement de lui, mais aussi des forces politiques qui l’entourent. Je suis justement parti du PCF, parce que j’ai considéré qu’il étaient incapables de comprendre cette nécessité. Ils ne l’ont pas compris en 2007, alors même que l’expérience de la mobilisation contre le référendum de 2005 donnait une possibilité d’occuper une place centrale dans la dynamique collective, tout en interrogeant et travaillant les questions du partage des rôles et du pouvoir. Peut-être ont-ils évolué depuis et sauront-ils le faire avec Jean- Luc Mélenchon ? Mais s’il ne s’agit que de deux organisations qui font leur cuisine ensemble, ça ne m’intéresse pas. (...)
Regards.fr : Vous semblez donner aux quartiers populaires une place centrale dans les échéances électorales à venir…
Patrick Braouezec : Je suis convaincu que c’est dans ces milieux populaires que l’élection se jouera. C’est eux qui vont faire la différence, pas seulement dans les quartiers urbains mais aussi en zone rurale, où il existe de véritables zones d’exclusion. Il faut montrer qu’il n’y a pas d’opposition entre un jeune sans emploi d’un village de 300 habitants et un jeune dans la même situation d’une grande cité populaire. Ils ont un ennemi commun, une société libérale qui les laisse sur le bord du chemin. Si on les néglige, ça va être une catastrophe pour tout le monde. C’est loin de n’être qu’un enjeu électoral, c’est aussi le devenir de notre société qui est en jeu. Nous devons travailler notre capacité à les associer à un projet de société.