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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 07:39

20 décembre 2011 - SUR UN BLOG DU "MONDE" :

Si les caméras de vidéosurveillance ne servent presque à rien et ne permettent que rarement d'identifier ou d'interpeller des suspects, elles n'en déportent pas moins la délinquance vers d'autres zones, non vidéosurveillées. Résultat : les habitants de ces zones non couvertes par les caméras développent un sentiment d'insécurité et… réclament des caméras.

C'est le constat accablant effectué par la chambre régionale des comptes, qui s'est penchée sur la politique de sécurité de la ville de Toulon, où les 34 caméras n'ont pourtant permis que 15 interventions en flagrant délit, et une quarantaine de réquisitions, depuis 2005.

Le système, fort de 34 caméras, d'un mur de 19 écrans de visualisation et de 2 pupitres de commande pour télécommander les caméras, est piloté par trois "brigadiers chefs principaux" rémunérés 90 000 € ("hors charges patronales et salariale"). Entre 2003 et 2009, le système a d'ores et déjà coûté 1,3 million d'euros, hors frais de réparation, "dont le montant n’a pas été communiqué par la collectivité", à quoi il convient de rajouter les 129 000 € qu'ont coûté, l'an passé, le raccordement du système à la police nationale.

Au vu de l'investissement, on serait en droit d'attendre de la municipalité, et des policiers, qu'ils démontrent l'efficacité du dispositif. Raté : "La collectivité ne dispose pas actuellement d’outils dédiés lui permettant de quantifier l’impact de la vidéosurveillance sur l’évolution de la délinquance" constate, dépitée, la chambre régionale des comptes, qui note également que, en 6 ans, "aucune étude n’a été réalisée sur ce sujet".

Les interventions en flagrant délit opérées par la police municipale grâce à la vidéoprotection sont assez réduites (15 entre 2005 et 2009).

La police municipale de Toulon ne dispose pas de statistiques relatives aux interventions en flagrant délit opérées par la police nationale et les réquisitions émanant des forces de sécurité de l’Etat étaient jusqu’à récemment assez réduites (27 réquisitions entre 2005 et 2008 et une dizaine en 2009).

La collectivité constate un nombre plutôt limité de flagrants délits observés directement sur les enregistrements.

Résumons donc : 34 caméras, 15 flagrants délits, une quarantaine de réquisitions… les caméras ont donc, en moyenne, été utiles... (55/5/34=) 0,32 fois, par an.

A Nice, au moins, la police fait l'effort de comptabiliser le nombre de personnes arrêtées grâce à ses 624 caméras; ce qui a permis de découvrir qu'elles permettaient, en moyenne, 0,34 interpellations, par caméra, et par an.

Plus récemment, Christian Estrosi a lui-même déclaré sur Twitter, que 500 personnes avaient été interpellé, grâce aux 624 caméras, soit 0,8 personnes, par an, et par caméra. (...)

Résultat : alors que rien n'indique formellement l'efficacité des caméras, que les maigres statistiques disponibles permettent, a contrario, d'estimer que l'argent public gagnerait probablement à être mieux dépensé, Toulon a décidé de se doter de 90 caméras supplémentaires. Le pire, c'est qu'avec 124 caméras, le taux d'efficacité des caméras ne s'en trouvera que… forcément diminué. (...)

En attendant, il en va aussi de la crédibilité de Nicolas Sarkozy, et du ministère de l'Intérieur : en 2007, Michèle Alliot-Marie avait annoncé vouloir tripler, "en deux ans", le nombre de caméras sur la voie publique, objectif réitéré par Brice Hortefeux en 2009, mais récemment relativisé par la Cour des Comptes, qui a dénombré… trois fois moins de caméras que le chiffre avancé par le ministère de l'Intérieur qui, apparemment, a comptabilisé les caméras filmant l'entrée, ou le parking, des commissariats. (...)

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Publié par Parti de Gauche Villeurbanne - dans Ville et sécurité
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