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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 07:01

 

Extrait de la déclaration politique du Conseil National de Gauche Unitaire (membre du Front de Gauche) adoptée le 23 octobre 2011

Pour une gauche à la hauteur en 2012, engageons le débat !

Nous sommes dans un moment crucial. À six mois du scrutin de la présidentielle et des législatives françaises, l’heure est venue de l’entrée en action de toutes celles et tous ceux qui, au sein de la gauche, veulent se hisser à la hauteur de circonstances exceptionnelles, répondre aux attentes et aux intérêts du plus grand nombre, ouvrir la voie d’une alternative sociale, écologique et démocratique.

(...)

Le régime de Nicolas Sarkozy subit des désaveux en série, comme l’illustre le basculement à gauche du Sénat. Il ne s’en inscrit pas moins dans la logique de destruction des droits sociaux et des conquêtes démocratiques qui prévaut dans toute l’Union européenne, sous l’égide du « Pacte pour l’euro » et de l’ultralibéral traité de Lisbonne. Sous prétexte de « règle d’or » et de gages donnés aux agences de notation, il intensifie la rigueur budgétaire, taille dans les dépenses sociales, casse les derniers services publics, étrangle la protection sociale. Au nom d’un prétendu fédéralisme européen, qui entend en réalité soumettre les décisions des Parlements et des gouvernements nationaux aux injonctions de la Commission et du Conseil européens, il s’emploie à vider de toute substance le principe de souveraineté populaire et le vote des citoyens. En vertu des sacrifices qui s’imposeraient à la société française, il souffle sur les braises du racisme et creuse les discriminations, se lançant dans une folle concurrence avec la démagogie du Front national. Il est prêt à toutes les provocations pour sortir vainqueur de l’affrontement de mai prochain.

À leur manière, par la forte participation qu’elles ont connue en dépit d’enjeux résumés à un choix de personnes entre les divers prétendants socialistes à l’élection présidentielle, les « primaires » ont vu s’exprimer un profond désir de politique et une attente de démocratie que quatre ans de sarkozysme ont cyniquement piétinés. Elles ont mis en évidence une volonté d’implication des citoyens dans le débat public, une aspiration à en finir avec dix ans de droite et, plus encore, à voir la gauche aller réellement vers la gauche. Mais la désignation du candidat qui portera les couleurs du Parti socialiste ne fait ni un programme, ni une dynamique de rassemblement à même de faire renaître l’espoir parmi les victimes de la course au profit. D’autant que François Hollande, à rebours du souci de confrontation avec le pouvoir de la finance que des centaines de milliers de votants ont exprimé, par exemple en apportant leurs suffrages à Arnaud Montebourg, multiplie les déclarations faisant de la réduction des déficits publics sa priorité. Dit autrement, il appelle par avance à se résigner à une austérité de gauche qui corrigerait aux marges celle que la droite met en œuvre depuis trop longtemps.

Pour affronter les périls générés par la tornade financière, pour tourner la page d’un sarkozysme qui s’affiche sous les traits d’une droite « décomplexée », la gauche ne peut se contenter de demi-mesures ou verser de nouveau dans un social-libéralisme qui a partout abouti à des défaites calamiteuses.

Elle ne peut s’engager sur la voie sans issue qu’ont déjà emprunté MM. Papandréou ou Zapatero en Grèce ou en Espagne. Au contraire, face aux désastres qui pointent à l’horizon, elle ne sera elle-même que si elle sait faire preuve d’audace et de détermination, si elle ose s’attaquer résolument à la racine du capitalisme, si elle se tourne vers les classes populaires afin de se faire l’écho de leurs préoccupations, si elle s’appuie sur les mobilisations du mouvement social. Telle est la condition de la victoire, d’une victoire durable, en 2012. Tel est le seul moyen de briser les menées d’une extrême droite qui cherche à dévoyer l’exaspération du pays.

Il faut desserrer l’étau des banques et des marchés financiers, donc refuser l’austérité par laquelle ils veulent saigner à blanc les peuples. Il faut reprendre la main sur l’économie et la réorienter au service des besoins sociaux et d’un développement écologiquement soutenable, placer les grandes banques sous le contrôle de la collectivité et créer un grand pôle financier public associé au redéploiement du service public. Il faut agir prioritairement contre l’insécurité sociale, pour l’emploi, les salaires, la santé, et à cette fin opérer une redistribution radicale des richesses. Il faut sortir des règles étouffantes du traité de Lisbonne, condition d’une refondation de l’Europe par et pour les peuples. Il faut arracher le pouvoir à l’oligarchie, rétablir la souveraineté populaire, garantir de nouveaux droits d’intervention et de contrôle au monde du travail, instaurer une VI° République démocratique et sociale. (...)

L’austérité et les dévastations d’un capitalisme cupide ne sont pas une fatalité. La gauche n’est pas inéluctablement condamnée à l’impuissance et au renoncement devant les puissances d’argent. (...)

Tous et toutes ensemble, redonnons à la gauche ses couleurs, celles du combat pour la transformation sociale.

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Publié par Parti de Gauche Villeurbanne - dans Front de Gauche
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