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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 08:54

POUR LE 100e ARTICLE DE CE BLOG dans la catégorie "Front de Gauche (sur 1150 articles au total depuis deux ans et demi), PLACE A UNE REFLEXION ORIGINALE ET TOURNEE VERS L'AVENIR.

VOICI UNE CONTRIBUTION DE PAUL ARIES, figure de la décroissance, qui prône le "bien vivre" comme concept central et rassembleur d'une gauche radicale, antiproductiviste et anticonsumériste. Moins de biens et de dépenses marchandes, plus de liens et de plaisirs...

 

En avant vers un Front de gauche du Bien-vivre ! Paul Ariès

Directeur du Sarkophage, Co-initiateur du Front de gauche antiproductiviste et objecteur de croissance. Auteur de « Le socialisme gourmand, le Bien-vivre, un nouveau projet politique » (La découverte, mars 2012).

 

Le Front de gauche sort affaibli des législatives, électoralement, mais pire encore politiquement. Le Front de gauche n’a pas su maintenir la dynamique. Cet échec doit être analysé, sans rien cacher de ses causes, dans le but de renouer avec une stratégie victorieuse. Plusieurs raisons concordantes expliquent cet échec.


1 ) Tout d’abord Le Front de Gauche a choisi de ne pas mener de campagne nationale pour ces législatives. Nous avons fait dans ce domaine le service minimum  alors qu’il fallait au contraire ouvrir toutes grandes portes et fenêtres pour permettre de faire vivre la mobilisation, sans souci d’appareil, sans concurrence.

Conséquence : aucune initiative forte n’a été prise au niveau national alors qu’on pouvait imaginer un nouveau rassemblement à la Bastille, des pique-niques festifs unitaires dans chacun des départements, etc. Chaque organisation du Front de gauche a mené finalement sa propre campagne de façon très isolée. J’ai, en tant que co-initiateur du Front de gauche antiproductiviste et objecteur de croissance, soutenu des candidats du Front de gauche, PCF, PG, GU…. Je le dis avec force : le Front de gauche ne pouvait qu’échouer à choisir de rester un cartel électoral.


2 ) Le Front de gauche n’a pas su donner un sens politique fort donc clair à ces élections législatives. Les thèmes mis en avant étaient en retrait par rapport aux présidentielles. On a joué l’idée illusoire d’un « vote utile » Front de gauche dans l’espoir de peser sur le PS. Conséquence : le sens général du vote Front de gauche (un vote à la fois anticapitaliste et antiproductiviste) a été gommé au profit souvent d’une simple surenchère. Nous payons aujourd’hui les insuffisances de notre projet. Je reste convaincu que nous aurions gagné à parler de gratuité des services publics locaux, de réduction du temps de travail (les 32 heures tout de suite !), de sortie nécessaire du nucléaire, etc. Nous n’avons pas su susciter le désir, donner envie...


Le Front de gauche est aujourd’hui au pied du mur. Nous devons plus que jamais garantir son futur. En refusant de participer, même à titre individuel (sic), au gouvernement « socialiste » qui sera bien davantage un gouvernement d’alternance que d’alternatives, ce qui n’interdit pas d’être une force de propositions; en créant des collectifs locaux du Front de gauche, ouverts à toutes et à tous ; en libérant les initiatives pour enfanter un nouveau projet capable de susciter le désir, en prenant acte, à la fois, de la faiblesse électorale de nos forces, mais de la richesse des expérimentations. Oui, il existe déjà une société post-capitaliste et post-productiviste en souffrance.

Nous devons ajouter à l’insurrection électorale et à celle des consciences, l’insurrection des existences. Nous devons réinventer une gauche maquisarde, une gauche qui fasse au maximum sécession d’avec les logiques du capitalisme et du productivisme, une gauche buissonnière mais capable de faire école.

 

Nous devons penser, dès maintenant, les conditions de l’émergence de petits bouts d’une autre société, grâce à la richesse d’un véritable « socialisme municipal » autour notamment de la gratuité des services publics, grâce au retour nécessaire du mouvement coopératif, grâce à l’essor d’un « syndicalisme à bases multiples », etc. Nous devons apprendre à passer des passions tristes aux passions joyeuses, seule façon de battre le F-Haine. Nous devons dire que « résister c’est créer ». Nous devons ouvrir portes et fenêtres du Front de gauche à de nouvelles sensibilités anticapitalistes et écologistes antilibérales, nous devons accueillir tous ceux et toutes celles qui ne sont pas encartés : faire du Front de gauche un lieu de circulation de la parole. Prolongeons les débats. Enrichissons-nous de notre diversité. (...)

 

Face à l’échec malheureusement programmé du Parti socialiste et d’EELV, compte tenu de leurs choix politiques, nous ne pourrons résister à la vague brune qui menace l’Europe, que si nous avons un grand projet à la hauteur de l’histoire, que si nous inventons une nouvelle gauche tout autant sociale qu’écologique, une gauche de rupture avec le capitalisme et le productivisme, une gauche qui sache que la croissance économique ne reviendra pas, une gauche qui sache qu’il faut construire, dès maintenant, une société post-croissance, post-extractiviste, une gauche partageuse, une gauche capable d’écrire de « nouveaux jours heureux ».

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Publié par Parti de Gauche Villeurbanne - dans Front de Gauche
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commentaires

bassier alain 28/07/2012 05:40

autant le PG n'est pas l'extreme-gauche , le PS n'est pas liberal!!
l'echec programmé du PS , n'est pas certain , quoique cela reste votre espoir. au sein de ce parti , il existe une aile gauche qui assumme la prise du pouvoir .
pour exister , vous vous etes mis 'de coté" , classique !!

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