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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 06:26

ARTICLE DE "LIBERATION" :

Meeting de Jean-Luc Mélenchon à Lille le 27 mars 2012.
Meeting de Jean-Luc Mélenchon à Lille le 27 mars 2012. (Photos Olivier Touron. Fédéphoto pour Libération)
Par ALAIN AUFFRAY, LILIAN ALEMAGNA, LAURE BRETTON

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Jusqu’où peut-il monter ?

La phrase fait encore sourire : «Notre intention est d’être en tête de la gauche.» Mais depuis que Mélenchon approche les 15% dans les sondages, beaucoup l’observent avec sérieux. «Nous n’avons pas de limites !» s’enthousiasme Clémentine Autain. Au Front de gauche, on rêve de jouer dans la cour de François Hollande. Porté par des militants hyperactifs, ravis de leur unité de 2005 retrouvée et d’avoir enfin un candidat charismatique, Mélenchon attire au-delà de l’audience électorale du Front de gauche (de 6 à 8%). Il siphonne l’extrême gauche, récupère des écologistes déboussolés, va chercher des abstentionnistes et conquiert des socialistes peu enthousiastes à l’idée de voter Hollande et séduits par son travail de sape contre le FN. Il veut «mettre Le Pen derrière» et peser sur le PS. Les 15% sont une étape. C’était le score de Georges Marchais à la présidentielle de 1981.

Que fera-t-il de son score ?

Personne n’a voulu le croire, mais il le répète à l’envi : il ne sera pas ministre d’un gouvernement socialiste. Et pas question de négocier «des dessous-de-table» avec ses anciens camarades pour des circonscriptions. Mélenchon veut surtout voir Hollande arrêter de «mépriser» le Front de gauche. Car si le programme du socialiste est «à prendre ou à laisser» - comme l’a dit Jérôme Cahuzac, le monsieur Fiscalité de Hollande -, eh bien Mélenchon le «laisse», a-t-il insisté à Lille. Pour le second tour, il appellera «à battre Sarkozy». Mais, a-t-il prévenu, «l’époque où il suffisait d’apparaître à un balcon pour donner des consignes est terminée».«Je ne veux pas me mettre dans la main des socialistes. Je veux rester indépendant.» Ce qui aura des conséquences… Ce sont les communistes, aux rapports courtois avec les socialistes, qui devraient récolter les fruits législatifs du score présidentiel de Mélenchon. Il a redit la semaine dernière qu’il n’était pas candidat à une circonscription : «Je suis une institution à moi tout seul.» Prêt à mobiliser sa force dans les mouvements sociaux, il veut être «l’alternative» au PS. Et retenter sa chance en 2017…

Une menace pour Hollande ?

Les socialistes sont du genre à préférer le verre à moitié plein. Jean-Luc Mélenchon continue de grimper dans les sondages, mais ils préfèrent voir que le total des voix de gauche au premier tour n’a jamais été aussi haut depuis longtemps. De fait, ce total oscille désormais entre 40% et 44% selon les instituts, contre 35% au premier tour de 2007. Il n’empêche que la poussée Mélenchon ne se dément pas alors qu’au lendemain du rendez-vous réussi à la Bastille, le 18 mars, nombre de dirigeants PS estimaient cette hausse «bornée». Halte à la fébrilité, plaide Jean-Christophe Cambadélis. «Avec Mélenchon, il y a débat mais c’est le même combat», estime le théoricien de feue la «gauche plurielle». Pour les socialistes qui cherchent à se rassurer, le leader du Front de gauche ramène vers les urnes des abstentionnistes de gauche et, vers la gauche de gouvernement, des électeurs radicaux. Un excellent réservoir de voix pour le second tour, donc. Mais, «à 14%, il faut arrêter de dire qu’on n’a pas atteint la cote d’alerte, s’alarme un dirigeant du PS. On peut dire ce qu’on veut devant les caméras mais, dans les couloirs, ce qui se dit c’est que Mélenchon est le miroir de nos propres limites.»

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Publié par Parti de Gauche Villeurbanne - dans Présidentielle 2012
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