Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 09:11

DANS LE MENSUEL "ALTERNATIVES ECONOMIQUES" D'AVRIL 2011 :

 

 

Oubliée la crise ! Les grandes entreprises françaises et européennes redeviennent prospères, en grande partie grâce aux pays émergents.

 

Deux ans après que la crise financière se fut propagée à l'économie réelle, le CAC 40 a presque oublié cette mauvaise passe : cumulés, les profits des 40 plus grosses entreprises françaises cotées ont atteint 83 milliards d'euros pour l'exercice 2010, soit un bond de 85 % par rapport à 2009. Certes, ils n'ont pas encore retrouvé leur niveau de 2007, mais le redressement est spectaculaire. Il ne reste plus qu'une entreprise du CAC 40, Alcatel-Lucent, pour afficher des pertes en 2010.

Nombre de champions durement éprouvés par la crise (Renault, Peugeot mais aussi Arcelor Mittal, STMicroelectronics, Accor ou EADS) ont renoué avec les profits. Pour les banques, les subprime ne sont plus qu'un lointain souvenir : dans leur ensemble, leurs bénéfices ont plus que doublé et BNP Paribas décroche la deuxième place des plus gros profits du CAC 40, avec 7,8 milliards d'euros, derrière l'indétrônable Total (à 10,5 milliards d'euros). Conséquence de cette embellie, le montant des dividendes versés aux actionnaires devrait augmenter et avoisiner les 40 milliards d'euros, selon certaines estimations : un record.


Une santé insolente

 

Comment expliquer la santé insolente de ces poids lourds alors que le contexte économique reste très morose en France et en Europe ? Avant tout par leur internationalisation. Dans son ensemble, le CAC 40 réalise les trois quarts de son chiffre d'affaires hors de l'Hexagone. La part des revenus qu'il tire des pays émergents est passée en dix ans de 17 à 28 % et dépasse d'ores et déjà les 50 % pour certains fleurons comme Lafarge ou Danone. Le phénomène ne s'observe pas seulement pour les entreprises françaises, mais aussi pour leurs homologues européennes : les experts du gestionnaire de portefeuille Amundi estiment ainsi que d'ici à 2012 ou 2013, plus de 50 % de la marge d'exploitation (*) des entreprises européennes cotées sera produite hors d'Europe, dont 30 % en provenance des pays émergents. Confrontés à la déprime de leurs marchés domestiques, les champions européens vont tous chercher la croissance là où elle est.

A la différence d'autres pays européens, en particulier l'Allemagne, le contraste est saisissant en France entre la situation de ces leaders et celle du reste du tissu productif : les PME françaises croissent peu, exportent peu, innovent peu et sont souvent enfermées dans une relation de sous-traitance, réduite à la discussion sur les prix avec les grands donneurs d'ordres. Le basculement du centre de gravité des très grandes entreprises de l'Europe vers les pays émergents fait donc peser la crainte que l'économie européenne ne s'enfonce durablement dans l'anémie. En France beaucoup plus qu'en Allemagne.

 

* Marge d'exploitation : résultat d'exploitation rapporté au chiffre d'affaires.


Marc Chevallier
Alternatives Economiques n° 301 - avril 2011

Partager cet article

Repost 0
Publié par Parti de Gauche Villeurbanne - dans Capitalisme, finance
commenter cet article

commentaires

Recherche

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -