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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 07:59

UN ARTICLE INTERESSANT DANS "LIBERATION" LE 15 JANVIER, avec les points de vue des responsables du PS, et de ceux du Front de Gauche :

D'une gauche à l'autre, une journée de piques

Harlem Desir lors de ses voeux, mardi matin, au siège du PS.
Harlem Desir lors de ses voeux, mardi matin, au siège du PS. (Bertrand Guay. AFP)
Récit A quelques heures d'écart ce mardi, le PS et le Front de gauche ont montré que leurs divisions sont tenaces. - Par LILIAN ALEMAGNA

A gauche, les rives n’en finissent plus de s'éloigner. La preuve ce mardi à deux heures d’intervalle et quatorze stations de métro d'écart. 11 heures passées, rue de Solférino au siège du PS, Harlem Désir en termine avec ses voeux à la presse. Vient alors une question sur l’absence du Front de gauche dans les «groupes de travail» de la majorité mis en place la semaine dernière. Désir assure que «la porte [des] réunions est ouverte» et que si les communistes «veulent participer à ce travail d’enrichissement» de la politique du gouvernement, ils sont les bienvenus. Mais toujours pas remis des voeux du PCF publiés fin décembre sur le Web, le chef du PS remet en garde ses alliés: «Je respecte toutes les composantes de la gauche, lance-t-il, mais qu’on se garde de voter avec la droite, par exemple sur le budget de la sécurité sociale! […] Nous souhaitons que les communistes assument qu’ils ont voté beaucoup de réformes avec nous! Sur le logement, sur l’emploi...»

Les communistes refusent-ils l'invitation lancée par les socialistes? Deux heures plus tard, installé au premier étage d’un restaurant situé à deux pas du siège du PCF, Pierre Laurent répond: «Lorsque nous nous sommes vus [fin novembre , ndlr], Harlem Désir a quand même omis de me faire la proposition». A gauche, le petit jeu du «c’est toi qui divise la gauche» est lancé...

«Des mobilisations pour installer un rapport de force»

«C’est la politique du gouvernement qui aujourd’hui divise la gauche», défend Christian Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire. A côté de Laurent, les huit autres représentants des composantes du Front de gauche sont assis. Prêt à lancer leur «campagne contre l’austérité» avec comme première étape un meeting le 23 janvier à Metz avant un autre à Rouen le 13 février. A chaque foi, à quelques kilomètres d’entreprises symboles qui connaissent des difficultés: Arcelor Mittal en Moselle, Petroplus en Seine-Maritime. «La campagne ne s’adresse pas au PS mais à l’ensemble du peuple de gauche qu’on veut remobiliser, insiste Danièle Obono, ancienne du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Si on avait été aussi au gouvernement, on aurait fait la même chose! On a toujours dit qu’il fallait des mobilisations pour installer un rapport de force qui ne peut pas être simplement politique.»

Juré, le Front de gauche ne part pas en campagne «contre le gouvernement». Mais tout de même pour prouver qu’ils sont une «alternative à l’austérité». Hier, ils ont rendu public une déclaration et «25 premières mesures pour changer d’orientation», issues de leur programme présidentiel. «Cela correspond à la majorité des gens qui ont voulu le changement», fait valoir Laurent. Montrer qu’ils ont d’autres propositions à faire valoir sans être taxés de tomber pleinement dans la case «opposition à gauche»: l’exercice d'équilibre dans lequel s’engage le Front de gauche est difficile. «On assume ce qu’on fait, répond Laurent. Ceux qui veulent nous enfermer dans cette position, nous leur montrons que nous sommes porteurs d’une alternative.»

«Il faut qu’ils clarifient la situation»

Au PS, on demande aux communistes de préciser leur position. Quitte à acter le divorce avec le cousin de la place du Colonel Fabien. «Mélenchon considère qu’il peut y avoir une autre gauche, défend Luc Carvounas, responsable des relations avec les autres partis. Même lorsque le PCF a quitté le gouvernement en 1983 ils n’ont jamais mêlé leurs voix avec celles de la droite. Il faut qu’ils clarifient la situation au travers de leur congrès.»

Jean-Luc Mélenchon se félicite en revanche de voir ses alliés tenir la distance avec les socialistes. Prenant exemple sur l’exclusion d’un des siens par Pierre Cohen, le maire de Toulouse, l’ex-candidat à la présidentielle dénonce sur son blog une «rhétorique (qui) repose sur un chantage» Ces «appels à l’unité» «sont en fait une injonction au silence dans les rangs et à la division du Front de Gauche», écrit Mélenchon, dénonçant «la schlague et les punitions à vocation éducative».

Surtout, quatre jours après la signature de l’accord entre une partie du patronat et des syndicats, les dirigeants du Front de gauche sont remontés, dénonçant une «régression sociale». «Nous interpellons tous les parlementaires de gauche pour leur dire qu’il n’est pas possible d’accroître la précarité», souligne Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche (PG). Laurent en appelle lui aussi aux «parlementaires écologistes et socialistes qui doivent être très mal à l’aise avec un appel à la discipline».

«Le PS nous aide bien»

Proche de Mélenchon, Eric Coquerel voit dans les débats à venir sur la transposition de l’accord un fait politique «chimiquement pur»: «Les sociaux-libéraux seront enthousiastes et demanderont à retranscrire tel quel cet accord. Le Front de gauche sera contre. Et au milieu, c’est à une partie des parlementaires PS et écologistes de se positionner.» Une preuve que se forment là deux gauches en France comme en Allemagne où une alliance entre les sociaux-démocrates du SPD et la gauche radicale de Die Linke est inconciliable au plan national? «On est à un tel niveau de désaccords que les bases d’une discussion avec le PS ne sont pas là», dit la militante féministe Clémentine Autain.

Depuis la période présidentielle et en attendant les discussions sur les municipales de 2014, le Front de gauche n’a jamais semblé aussi raccord. «Faut dire qu’il y a des éléments objectifs pour nous faire converger. Le PS nous aide bien», sourit Marie-Pierre Vieu au PCF. La veille, coupe de champagne à la main juste après les voeux de Pierre Laurent au siège du PCF, Olivier Dartigolles, porte-parole du parti ne se privait pas pour remercier «l’intervention très ajustée» du chef du PS après la mise en ligne des voeux du PCF: «La fréquentation de la vidéo a doublé grâce à lui. Harlem Désir est le meilleur agent de communication du PCF.»

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Publié par Parti de Gauche Villeurbanne - dans Social-démocratie
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