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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 19:21

2,4 millions de chômeurs en juillet 2007, plus de 4 millions aujourd'hui ! Après une légère baisse en 2007, la hausse a été continue.

 

DANS LE QUOTIDIEN "LE MONDE" AUJOURD'HUI :

Chômage : cinq ans d'annonces, cinq ans d'insuccès

LEMONDE.FR | 28.07.11 | 17h46

"Il n'existe (...) pas plus de fatalité du chômage de masse aujourd'hui qu'il n'en existait pour l'inflation hier. Mon gouvernement se fixe ainsi pour objectif un taux de chômage de 5 % à la fin du quinquennat." Quand il prononce cette phrase, lors de sa déclaration de politique générale, le 3 juillet 2007, François Fillon ne peut savoir qu'une crise économique va mettre à mal ses ambitions.

En juillet 2007, la France comptait officiellement 2 415 000 chômeurs, soit 8,1 % de la population active, selon la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Sur ce total, 1,9 million était en "catégorie 1" – devenue depuis la réforme de 2008 la "catégorie A" – et n'exerçait aucune activité. Quatre ans plus tard, en juillet 2011, le Pôle emploi annonce 4 103 700 inscrits à ses services, dont 2 720 400 en "catégorie A", n'ayant exercé aucune activité au cours du mois.

En pourcentage, le chômage touche désormais 9,5 % de la population active, un chiffre qui n'avait plus été aussi élevé depuis 1999. Entre ces deux dates, le gouvernement n'a pourtant eu de cesse de promettre des améliorations et de s'enorgueillir de chaque baisse.

"MON OBJECTIF, C'EST LE PLEIN EMPLOI, PAS DE GÉRER LE CHÔMAGE"

Nicolas Sarkozy à Rungis, le 1er février 2007

Nicolas Sarkozy à Rungis, le 1er février 2007AFP/DOMINIQUE FAGET

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait pourtant bien commencé sur le front de l'emploi. A peine élue, la majorité peut annoncer des chiffres en baisse. Fin juin 2007, le chômage passe sous la barre symbolique des 2 millions, à 1,98 million de personnes, soit 8,1 %. "Ils s'agit là du plus faible taux de chômage depuis le début des années 1980", se félicite alors Christine Lagarde, qui évoque le succès du "traitement très individualisé du chômage".

A la rentrée 2007, Nicolas Sarkozy annonce un plan global pour l'emploi, qui passe notamment par la fusion entre l'ANPE et l'Assedic, pour former le Pôle emploi. Une fusion "dans l'intérêt des demandeurs d'emploi", assure le chef de l'Etat, qui promet également des mesures contre la fraude. Christine Lagarde présente le plan de fusion un mois plus tard, et promet à son tour de parvenir aux 5 % de chômage rapidement. En octobre, elle annonce encore une baisse du nombre de demandeurs d'emploi, qui porte à 9 % la baisse en un an. (...)

Mais le contexte économique se dégrade avec l'éclatement progressif de la crise des subprimes aux Etats-Unis. Au deuxième trimestre 2008, la croissance recule en France, de 0,3 %, ce qui n'était plus arrivé depuis 2002. Propulsé par les effets de la crise financière, le chômage fait un bond de 2,2 % en août, avec 41 300 demandeurs d'emploi supplémentaires, soit le pire chiffre mensuel depuis 1993.

Dès la rentrée, le gouvernement monte une "réunion de crise". Et change de discours. "Il faut être lucide, il n'y a pas de miracle, la situation économique internationale est très dure, elle va nécessairement avoir un impact sur la situation de l'emploi et du chômage", annonce Laurent Wauquiez, alors secrétaire d'Etat à l'emploi, fin septembre. Quelques jours plus tôt, à Toulon, Nicolas Sarkozy avait aussi prévenu que la crise aurait un impact "dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat".

L'objectif affiché par le gouvernement de descendre sous les 5 % n'est plus d'actualité. "Compte tenu des chocs extrême du type de celui que prennent actuellement les économies", Christine Lagarde reconnaît qu'il sera difficile à tenir. Le gouvernement met en place un plan de relance pour limiter l'impact de la crise, qui comprend 2,6 milliards d'euros en faveur de l'emploi. Jugé trop faible par le PS, il amène pourtant la France à s'endetter fortement. Le déficit passe, en un an, de 3,2 % à 7,2 %.

 "NE PAS LÉSINER SUR LES MOYENS"

En novembre 2008, la France connaît la plus forte hausse mensuelle de son histoire : 64 000 personnes s'inscrivent au Pôle emploi. En un an, le chômage a augmenté de 10,2 %, selon le Bureau international du travail (BIT), et touche désormais 2,068 millions de personnes. En janvier 2009, le record mensuel est encore battu avec 90 000 nouveaux chômeurs en un mois. "La priorité absolue, c'est l'emploi et là-dessus il faut mettre le paquet sans lésiner sur les moyens", déclare Laurent Wauquiez.  (...)

"DANS LES SEMAINES ET LES MOIS QUI VIENNENT"

Nicolas Sarkozy face à un panel de onze Français, dans l'émission "Paroles de Français", l'an dernier sur TF1.

Nicolas Sarkozy face à un panel de onze Français, dans l'émission "Paroles de Français", l'an dernier sur TF1.AFP/GERARD CERLES

La cure d'optimisme se poursuit en janvier 2010. Nicolas Sarkozy intervient sur TF1 le 25 janvier, et assure aux Français présents sur le plateau de l'émission : "Dans les semaines et les mois qui viennent, vous verrez reculer le chômage dans notre pays." Deux jours plus tard, le ministère de l'emploi annonce pour le mois de décembre 2009 une baisse de 18 500 chômeurs de catégorie A. Une "bonne tendance", voire un "redressement", juge Laurent Wauquiez. Mais il doit démentir quelques jours plus tard : les chiffres étaient erronés, le nombre de chômeurs est en réalité en hausse de 0,2 %.

Et il n'y a pas de "redressement". En mars 2010, le chômage atteint 10 % en comptant les DOM-TOM, soit le taux le plus élevé depuis dix ans. On compte 2,66 millions de chômeurs en catégorie A. A 24 %, le taux chez les moins de 25 ans atteint un record historique.

Sur le premier trimestre 2010, le chômage est toutefois stable, à 9,9 % de la population active. Il n'en faut pas plus au gouvernement pour afficher sa "satisfaction" et noter que "l'augmentation du chômage en France depuis le début de la crise est un peu plus faible que dans la zone euro, et nettement plus contenue qu'aux Etats-Unis". La stabilisation se confirme durant l'été, avec une baisse de 0,2 % sur le deuxième trimestre. Pour Laurent Wauquiez, "c'est un vrai tournant, la première fois que nous avons un recul du chômage depuis la crise. Le vent tourne, l'horizon se dégage et notre mobilisation a payé".

La baisse n'est pourtant pas évidente. Le chômage repart d'ailleurs à la hausse dès septembre 2010, avant de diminuer à nouveau en octobre, puis de remonter en novembre et décembre. Sur l'ensemble de l'année, on compte 80 000 chômeurs de plus en catégorie A et 200 000 sur la totalité des catégories. Au total, 4, 05 millions de personnes sont inscrites au Pôle emploi.

"MOBILISATION GÉNÉRALE"

Xavier Bertrand, en juin 2011.

Xavier Bertrand, en juin 2011.AFP/FABRICE COFFRINI

Début 2011, Xavier Bertrand, qui a repris le portefeuille de l'emploi, annonce "une baisse importante" du chômage, tout en plaidant pour une "nouvelle bataille" de l'emploi et en appelant à une "mobilisation générale". De fait, en janvier, on compte 19 000 demandeurs de moins dans la catégorie A. Mais en intégrant les autres cagégories, cette baisse se réduit à 300 personnes. Nicolas Sarkozy promet 500 millions d'euros supplémentaires alloués à l'emploi.  (...)

Et de fait, au mois de juin, le chômage repart fortement. On compte 17 700 chômeurs de plus en catégorie A, et 39 400 sur l'ensemble des catégories. Au total, 4,1 millions de personnes sont inscrites au Pôle emploi pour la seule métropole. M. Bertrand prend "acte de cette augmentation qui ne remet cependant pas en cause le mouvement de baisse enregistré depuis le début de l'année".

Mais il doit une nouvelle fois déchanter avec la publication des chiffres de juin : un bond de 1,3 %  pour la catégorie A, et de 0,6 % pour l'ensemble des catégories, soit en glissement annuel 4 % de chômeurs en plus en juin 2011 qu'en juin 2010. Les catégories les plus touchées restent les jeunes, malgré une amélioration sur l'année, et les seniors, dont la situation se dégrade, avec 13 % de plus de 50 ans au chômage en plus en un an. On compte désormais 2,7 millions de chômeurs de catégorie A et 4,103 millions de personnes inscrites au Pôle emploi.

Samuel Laurent

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Publié par Parti de Gauche Villeurbanne - dans Travail et emploi
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