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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 04:55

Un article de ce collectif, qui s'est fait connaître à partir de janvier 2012 en s'opposant à l'analyse du club de réflexion socialiste "Terra Nova", qui pensait que la gauche devait s'intéresser en priorité aux électeurs urbains des classes moyennes, ainsi qu'aux citoyens d'origine immigrée dans les banlieues. Le collectif "Gauche populaire" veut au contraire que la gauche prenne au sérieux le besoin de "sécurité culturelle" exprimé par les salariés modestes de la France "périphérique" et souvent "invisible", celle des petites villes et des campagnes, qui ne sont pas dans la misère mais souffrent du précariat et se sentent abandonnés, ceux qui ne veulent plus de la droite mais ont peur tant de la gauche caviar que de la gauche radicale...

Pour aller à gauche, c’est par où ?

10 mai 2012

 

Par Laurent Macaire et Nicolas Lebourg
avec les contributions des membres de la Gauche Populaire

D’où vient la Gauche Populaire ?

(...) Pour tous les membres, répondre à la montée du populisme supposait de rompre avec le social-libéralisme qui avait progressivement rempli le vide à gauche. Il avait pris la place d’une social-démocratie épuisée par vingt années de crise et l’avènement d’un capitalisme actionnarial et globalisé. La principale conséquence de cette nouvelle hégémonie idéologique était la rupture politique avec les catégories populaires au profit des minorités. La coalition de toutes ces minorités devait faire litière des antiquités du siècle passé : le peuple, les classes sociales et la nation. Il y eut un sursaut avec la parution de l’ouvrage Plaidoyer pour une gauche populaire, auquel contribuèrent des auteurs du collectif (Philippe Guibert, Laurent Bouvet et Alain Mergier).

Une ligne politique claire s’est imposée à nous : le commun plutôt que les identités, le social avant le sociétal, l’émancipation collective plus que l’extension infinie des droits individuels, seule cette ligne politique permettant de bâtir une majorité sociologique et électorale. La gauche ne peut plus se satisfaire d’abandonner les catégories populaires au Front National ou à l’abstention. Dans le contexte de la présidentielle, il était hors de question que la gauche accédât au pouvoir par effraction, selon l’expression de la droite. Il était vital que la gauche construisît dans la campagne électorale les conditions d’un exercice durable du pouvoir.

Comme les précédentes, cette élection présidentielle a posé les débats pour les années à venir. Marquée par la troisième place de Marine Le Pen lors du premier tour et son score historique (17,9 % des suffrages, soit plus de 6,4 millions d’électeurs), elle a en effet confirmé les travaux et réflexions menés par le collectif depuis des mois. (...)

Le score de Marine Le Pen renvoie tant à des explications économiques et sociales qu’à des variables culturelles (peur de l’immigration, des transformations du « mode de vie », de l’effacement des frontières nationales…). (...)

L’élément structurant de cette élection était et reste l’inquiétude très forte des classes populaires sur la situation économique et la mondialisation. Une inquiétude multiforme, que la gauche a pour le moment du mal à traduire, à penser, et sur laquelle elle peut difficilement s’appuyer pour consolider son socle électoral même après le vote. L’atomisation du travail a répondu à l’individualisation des modes de vie. En effet, c’est cette « France périphérique », celle d’un monde rural et périurbain délaissé, notamment par le désinvestissement dans les services publics, celle des villes moyennes touchées par la désindustrialisation et les plans sociaux à répétition, qui vit un véritable abandon démocratique. (...)

Ainsi, la victoire de la gauche à l’élection présidentielle de 2012 n’a pas soldé le débat idéologique à gauche, bien au contraire. La puissance du score de Marine Le Pen et le bon score de Nicolas Sarkozy, en dépit d’une campagne radicale, démontrent la nécessité d’une réarticulation programmatique. La financiarisation et la planétarisation de l’économie ont depuis 40 ans liquidé les structures unitaires de la société française. La guerre de tous contre tous entretenue par le chômage de masse, la liquidation des grands récits et de l’encadrement des masses par des idéologies structurées, l’annihilation de l’ascenseur social, la déconstruction de l’histoire nationale au bénéfice de mémoires communautarisées, la réduction de la souveraineté populaire à l’opinion publique, puis de celle-ci à des segments communautaires. (...)

L’insécurité culturelle n’est pas un thème identitaire destiné à masquer la question sociale comme le ferait la Droite populaire, mais relève d’une question économique qui a une implication culturelle et dont la Gauche Populaire se soucie. En effet, celle-ci est connectée à la question sociale : être de gauche c’est d’abord se soucier de la question sociale. En somme, nous disons qu’il faut aujourd’hui construire une synthèse jauréssienne de l’ère postindustrielle et postmoderne : plus de République, moins de société. Notre constitution décrit un pays qui nous est devenu lointain quand elle proclame « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ». C’est pourtant ce programme, et lui seul, qui peut permettre au politique, et singulièrement à la gauche, de renouer avec le peuple. (...)

Les questions de société doivent être considérées comme une simple partie d’un tout devant relever de la passion égalitaire et où le traitement de la question sociale doit être le fait dominant.

(...) Au fond, ce qui relie « gauche » et « populaire » c’est la République dans sa dimension sociale et la Nation dans sa seule version universaliste. Nous ne proposons rien d’autre qu’un plaidoyer pour les valeurs des Lumières et de la République. (...)

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Publié par Parti de Gauche Villeurbanne - dans Démocratie
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