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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 18:47

Publié le 1er janvier sur Rebellyon.info

 

Le 1er jan­vier 1994 marque l’appa­ri­tion sur la scène poli­ti­que mexi­caine et sur la scène média­ti­que inter­na­tio­nale du mou­ve­ment révo­lu­tion­naire « zapa­tiste » [1] des indi­gè­nes [2] du Chiapas au cri de « ¡Ya Basta ! ».

 

L’État du Chiapas se situe à la pointe sud du Mexique, au bord de l’océan Paci­fi­que, entre le Guatemala à l’ouest et l’État de Oaxaca à l’est. [3] Le Chiapas pos­sède des res­sour­ces natu­rel­les (55% de l’énergie hydro­élec­tri­que, 35 % du pétrole, près de 50 % du gaz natu­rel et 35 % du café du Mexique) ce qui en fait un Etat riche économiquement. Mais comme c’est sou­vent le cas, le peuple ne pro­fite que rare­ment de la redis­tri­bu­tion des riches­ses. En effet, sur le plan social, le Chiapas est l’un des plus pau­vres du Mexique : en 2000, près des 2/3 des loge­ments du Chiapas n’avaient ni électricité ni eau cou­rante, 72 % des enfants ne dépas­saient pas la pre­mière année de sco­la­ri­sa­tion, et 80 % des Chiapanèques n’étaient pas affi­liés à la sécu­rité sociale (source : wiki­pe­dia).

Le 1er jan­vier 1994 [4], des cen­tai­nes d’indi­gè­nes des­cen­dent des mon­ta­gnes et pren­nent par les armes quatre villes de l’État puis huit. Mairies et édifices publics sont briè­ve­ment occu­pés, les pri­sons ouver­tes ! Les insurgé.es affi­chent par­tout la pre­mière Déclaration de la forêt Lacandone [5], et se replient rapi­de­ment. Les buts des opé­ra­tions n’étaient pas en effet la prise de contrôle des ins­ti­tu­tions du Chiapas, mais de faire la preuve de l’étendue et de l’orga­ni­sa­tion de la révolte, pour amener le gou­ver­ne­ment à négo­cier des mesu­res amé­lio­rant la situa­tion des Chiapanèques, en par­ti­cu­lier en reconnais­sant aux com­mu­nau­tés mayas le droit à déci­der de leur sort et à ne pas être can­ton­nés dans des « réser­ves ».

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L’armée fédé­rale répli­que vio­lem­ment en fai­sant quel­ques jours des cen­tai­nes de morts et de pri­son­niers. Les forces insur­rec­tion­nel­les de l’EZLN [6], avec son célè­bre porte-parole : le sous-com­man­dant Marcos, se reti­rent dans la selva pro­fonde (forêt) pen­dant que l’armée cerne les zones rebel­les et ins­talle des dizai­nes de cam­pe­ments en dif­fé­rents points de la région pour mater l’insur­rec­tion popu­laire.

Devant la résis­tance zapa­tiste, l’État mexi­cain décrète un cessez-le-feu uni­la­té­ral et des négo­cia­tions s’enga­gent par l’inter­mé­diaire de Pablo Ruiz, arche­vê­que de San Cristobal de las casas. Négociations qui abou­ti­ront aux accords de San Andrès en 1996.

 

La foule indigène


Malgré les accords signés et le retrait offi­ciel de l’armée en 1996, les exac­tions des mili­tai­res et des para­mi­li­tai­res, liés aux partis conser­va­teurs ou direc­te­ment à la solde de grands pro­prié­tai­res, n’ont jamais cessé (assas­si­nats, enlè­ve­ments...) et se pour­sui­vent encore. La lutte aussi conti­nue...

Notes

[1] Zapatisme et zapatiste : termes créés en hommage au révolutionnaire Émiliano Zapata.

[2] Indigènes : en espagnol, c’est le terme indigénas qu’il faut utiliser, le mot indios étant aussi péjoratif que nègre en français.

[3] Pour les luttes dans l’État de Oaxaca, voir sur Rebellyon ici et .

[4] La date du 1er janvier 1994 n’a pas été choisie au hasard. Au delà de la symbolique du 1er janvier comme début d’une nouvelle année et au fait que les insurgé.es comptaient bien profiter de la fatigue et d’une baisse de vigilance des oppresseurs à la suite des agapes de fin d’année, c’est aussi ce jour-là qu’est entré en vigueur l’ALÉNA, accord de libre-échange nord-américain. Cet accord a créé une zone de libre échange entre le Canada, les États Unis d’Amérique et le Mexique ; il est toujours dénoncé par les mouvements altermondialistes.

[5] Déclarations de la forêt Lacandone : la première à lire en français sur le site ezln.org ; les suivantes, toujours en français sur le site du cspcl.

[6] EZLN : Ejército Zapatista de Liberación Nacional = Armée zapatiste de libération nationale.

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Publié par Parti de Gauche Villeurbanne - dans International
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