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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 23:40

Ils avaient prévenu : quel que serait le résultat du 7 mai au soir, ils battraient le pavé dès le lendemain. Le collectif Front social a tenu sa promesse.

 

L a campagne présidentielle vient de s'achever. La nôtre, notre campagne de la rue, elle commence aujourd'hui ! » Les mots de Mickaël Wamen, de la CGT Goodyear d'Amiens-Nord, résume bien l'état d'esprit des manifestants qui occupent la place de la République ce lundi 8 mai. Le collectif Front social, qui rassemble 70 organisations (syndicats et associations), avait appelé, durant l'entre-deux-tours, « à la première mobilisation sociale du quinquennat, que ce soit la peste ou le choléra qui arrive au pouvoir ».

Un mouvement qui vient du bas

Si les drapeaux des syndicats CGT (Info'Com, CGT Goodyear...), Sud (Sud PTT, Sud Commerces et Services…) et CNT sont nombreux, la mobilisation n'a pas été soutenue par les centrales syndicales : aucune n'a appelé à manifester. « Je ne sais pas vous, mais moi, quand j'entends le secrétaire général de Sud qui déclare à L'Express qu'il n'y a pas besoin d'avoir une folle opposition sur le front syndical en ce moment... Et bien ça picote », lance Gaël Quirante, de Sud PTT 92, au micro, en parlant d'Éric Beynel, porte-parole de l'Union syndicale Solidaires.

Pour Loïc Canitrot, de la compagnie Jolie Môme, « ce sont des personnes qui se sont croisées dans les mobilisations contre la loi travail, qui ont discuté politique ensemble à Nuit debout… C'est un mouvement qui vient du bas ». Créé il y a quelques mois, Front social avait déjà mobilisé 2 000 personnes la veille du premier tour de l'élection présidentielle.

À lire aussi >> Premier tour social : « Il faudra faire avec la rue »

« C'est dans la rue que ça se gagne »

« Il s'agit d'une forme nouvelle de mobilisation, déclare Romain Altmann, secrétaire général d'Info'Com-CGT. On ne se mobilise plus en réaction à quelque chose : on prend les devants. On entre d'emblée en résistance pour ce quinquennat en créant une nouvelle dynamique ! »

© Politis

Après quelques prises de parole, la manifestation se met en marche, direction la place de la Bastille, sous la musique du groupe de percussions Mulêketú. Vanessa, salariée du privé, tient une banderole sur laquelle il est écrit « Front social, c'est dans la rue que ça se gagne ». « On sait très bien que nos avancées sociales, on ne les doit pas à la politique. Personnellement, j'ai l'impression que les élections ne font rien avancer : on met 10 euros dans la machine et c'est reparti. » Elle est suivie par l'association Droits devant, membre du Front social depuis sa création.

La première mobilisation d'un quinquennat de lutte

Sur le boulevard Beaumarchais, peu avant la place de la Bastille, le cortège est coupé en deux. Les gendarmes encerclent le groupe de tête pour l'isoler. « C'est eux les casseurs ! C'est eux la racaille », hurle le haut-parleur du camion. L'ambiance, déjà tendue après les nombreuses fouilles à l'entrée de la place de la République, s'envenime. « Libérez nos camarades », crient les manifestants. En ligne serrée, ils avancent, face aux forces de l'ordre, bien décidés à reprendre leur marche. Les slogans anticapitalistes et antifascistes résonnent de plus belle.

© Politis

À Bastille, tout le monde se retrouve dans le calme. « Ce que nous avons démarré aujourd'hui, nous ne l'arrêterons pas », affirme Gaël Quirante au micro, appelant les personnes présentes à surveiller les prochains événements : une assemblée générale est prévue la semaine prochaine. Assis sur le trottoir, Manu, 26 ans, sourit : « Ça fait plaisir de voir qu'il y a du monde, que l'on ne s'avoue pas vaincus d'avance. » À côté de lui, la fanfare entonne la semaine sanglante

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Publié par politis
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